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jeudi 24 juin 2010

Dans la tête d'un distributeur français

À croire les distributeurs, le public français possède un vocabulaire anglais compris entre 3 et 6 mots. C'est peut-être ce qui expliquerait cette tendance à pondre ce genre de titres :


Au début, j'ai eu un peu de mal à reconnaitre les affiches françaises. Mais l'indice est pourtant évident, quand le titre anglais est trop compliqué, on le remplace par des mots passe-partout genre "trip", "last", "cop", "day"...

C'est pour ça que je crois qu'il sera difficile de battre la comédie Very Bad Cops, nouvelle comédie de Will Ferrell à sortir en Octobre chez nous. Qu'on ne s'y trompe pas, les distributeurs se laisseront bien influencer par les blogeekoputes en quête de LULZ, un avant goût ?

lundi 5 avril 2010

L'ère du misérabilisme

Vous savez la différence entre une émission comme Strip Tease et ces émissions-reportages sur les problématiques essentielles du citoyen français ?

La narration.

Les émissions-reportages sombrent dans le cynisme à force de simplifier/réduire/mettre dans des cases les sujets filmés. Madame Machin n'existe pas en tant que Madame mais en tant que personnage animé par un objectif, dont les problématiques et résolutions assurent la structure de l'histoire (avec des émotions toujours très subtilement amenés - voix off, musiques, ralentis...).

C'est une fictionalisation vendue comme du reportage pour de vrai.

(enculés)

mercredi 10 mars 2010

Pire que la critique cinéma ?


Côté cinéma, il y a toujours plusieurs critiques pro pour venir balancer des conneries sur certains films. Dernièrement, il y a eu Avatar ou encore Katheryn Bigelow (soudainement réhabilitée dans la nuit de dimanche à lundi). Voyez mes coups de gueule.

Mais j'étais très loin de me douter qu'il existait un autre domaine où la nullité, la connerie, les préjugés et l'autosatisfaction sont très répandues. Je parle du monde des jeux vidéo.

Avec comme exemple, Final Fantasy XIII.

Un blockbuster qui se mange en pleine gueule exactement les mêmes remarques qu'un produit filmique. Exactement. Il y a donc la confusion entre attente & résultat, une incompréhension du média qui évite de mettre en perspective l'intérêt narratif (pour simplifier disons qu'au ciné, c'est 1 plan = 1 idée = 1 émotion). des poncifs récurrents trahissant des mentalités réactionnaires (8-bits FTW)...

Je vous invite à lire un bon texte complet sur le sujet.

(au final, c'est quand même rassurant, là où il y a des conneries, il y a des choses à faire)

vendredi 19 février 2010

A la TV, on est trop chaybran quoi

Quand il s'agit de vendre un téléfilm aux jeunes, la meilleure méthode, c'est bien sûr d'ouvrir un blog où l'acteur/actrice principal(e) viendra livrer ses pensées top méga-délire.

Attends, mais on n'est plus en 1997 pourtant. Et même à cette époque-là, c'était quand même déjà bien ultra ringard ce genre d'approche toute moisie, pleine d'un jeunisme bon marché qui ne dupe personne.

Pour son téléfilm, annoncé comme un croisement entre LOL et Juno, le service com' de TF1 a appliqué cette bonne vieille recette du blog top cool, extrait :
Vraiment ce mec je le kiffe trop…Non seulement je le trouve super mignon mais en plus il est juste super tendre avec moi et ça, c’est trop bien. Et puis j’adore être dans ses bras, il a une peau que j’adore toucher. :p
Soit un skyblog de luxe en carton.

Un jour, je m'étais demandé à quoi ça pourrait ressembler une sitcom ABproductions aujourd'hui. Bah voilà, j'ai ma réponse :
http://www.leblogdeclem.com/
(et je vous épargne la bande annonce et ses tubes top tendance qui vous laissent pas respirer une seule seconde de peur de vous perdre)

mercredi 17 février 2010

Espèce de sale critique dont le nom n'est pas...

C'est dans ces moments-là qu'on prend conscience de la petite taille de notre chère France. Lorsque des guerres claniques médiocres éclatent entre partisans d'une même idée, d'une même passion.

Dans le cas présent, La Horde déchaîne les quelques groupuscules geeks français (presse inclue). Et comme prévue, les critiques s'attardent énormément sur le passif du co-réalisateur pour mieux le discréditer. Il a critiqué, il a fait de la merde, il est nul CQFD.

Voilà, on est en 2010, et c'est ça, le point central des débats. Pendant un instant, je me suis cru dans une sorte de Gala chez les geeks. Mais non, que ce soit chez des revues pro ou des amateurs passionnés, la plupart des critiques négatives cèdent à ces petites pics galactiques.

Comme si le film et l'état de la production actuelle n'était pas des sujets suffisament intéressants et concrets pour être traiter - interroger - analyser. Histoire de voir plus loin que le bout de son nez d'égo-geek pour une fois.

Tout ça m'énerve, parce que ce genre d'attitude naze se retrouve dans la plupart des domaines, et ça finit par bloquer les moindres tentatives et essais. Tu comprends, j'aime pas ta gueule, mieux vaut troller pour prouver que t'as tort.

France, j'aigris ton nom.

lundi 15 février 2010

La fresque historique que vous ne verrez pas

Quand les allemands décident d'adapter un livre deutch sur Henri 4 avec en tête d'affiche des acteurs français qui seront très soigneusement redoublés en post-prod, voilà le résultat:




On a donc beau avoir une Histoire, des figures Historiques, des acteurs compétents, c'est encore une fois à l'étranger que des projets exploitant tout ça parviennent à se monter. Non, en france, on préfère parler d'amour, au moins ça coute pas grand chose.

Vive Henri 4, lebe der König tapferen...

mardi 26 janvier 2010

Au royaume de Facebook

Le problème, c'est pas Facebook, c'est pas le service en lui-même. C'est plutôt son utilisation.

Bob Critique commence donc à recevoir plein de demandes d'ami. Chouette, des gens qui m'aiment. Bah non, juste des putains de stagiaires envoyant des demandes à la chaîne pour promouvoir un évènement ou un truc à la con.

À partir du moment, où t'es facebookpote avec certains blogueurs, tu deviens une cible potentielle. On s'en fout de ce que t'es, de ce que tu fais, ce que tu dis.

Une démarche bien respectueuse en somme où avec un peu de chance, tu peux toi aussi gagner des invits pour des avant-premières, et autres cacahuètes jetées à la gueule de l'internaute. Qui heureux d'avoir gagné, ira immédiatement informé son réseau (d'influence).

J'adore cette utilisation maladroite de "nouveaux" services. C'est pas parce que tu me tutois, qu'on est facebookpote, que je vais devenir ta putain. T'entends le stagiaire ?

(et ça devient étouffant ces microcosmes, que ce soit sur les réseaux sociaux, ou sur des blogs)

samedi 5 décembre 2009

Les photos d'Empire déchirent sa race

Pour les 20 ans du mag ciné anglais Empire, y a eu une série de photos d'acteurs posant dans leurs rôles les plus connus. De belles photos qui viennent d'apparaitre sur le net, et qu'on va retrouver sur plusieurs sites/blogs de cinéma (en france comme à l'étrange hein).

Et en fait, ça témoigne assez bien de la médiocrité générale et d'un travail fait à l'arrache, de ces sources d'informations. Parce qu'à part jouer la carte du cynisme facile où l'on vous montre les bèl tofs por vo zieu, ces zonards virtuels ne se posent aucune question sur le contenu du fameux numéro.

Oui parce qu'à part des photos, il y a un numéro, avec une ligne éditoriale spéciale proposant des articles intéressantS sur le cinéma.

Un numéro supervisé par Steven Spielberg, où l'on va apprendre comment Del Toro & Jackson travaillent sur Tintin, profitant des avantages de la technologie pour diriger une scène en Nouvelle Zélande tout en étant ailleurs dans le monde (sous-entendu, pas de pression du studio possible). À côté Cameron nous présence la performance capture ("la clée, c'est de controler la technologie, non l'inverse"), George Lucas nous livre ses pensées sur l'état actuel du cinéma et ses possibilités d'avenir, Matt Groening nous offre un dessin inédit des Simpsons fait pour l'occaz, Tarantino répond à un mastermind quizz et démontre qu'il connait parfaitement son univers/ses films...

Rien d'incroyable au final quoi, hein.

(blogonanards de merde)

jeudi 3 décembre 2009

Accident (2009): Dans les limbes de la connerie

C'est en cherchant quelques infos sur le film Accident de Soi Cheang que j'ai eu l'occasion de découvrir ces palpitants échanges cinéphiliques, dont voici un extrait non spoilant:
Le film est en effet Toyien par de nombreux aspects que je ne répèterai pas, mais c que me pousse à affirmer la part d'indépendance de ce film par rapport à son producteur, c'est l'absence d'éléments FONDAMENTAUX aux films de To.
Autrement dit, je n'ai pas trouvé d'informations interessantes concernant le film, son sujet, ses enjeux, sa réalisation, sa construction... mais par contre, j'ai pu découvrir qu'avant tout ces points, pour certains le plus important est de définir au préalable la paternité du projet jusqu'à théoriser les thématiques d'un hôteur asiatique dans ses moindres recoins.

C'est donc l'interpretation thématique qui prime sur la mise en place de l'histoire même. C'est pourquoi au lieu d'envisager l'histoire à un niveau universel (ça parle un peu d'un Enfer ordinaire, un truc qu'on connaît tous très bien), les fans en font le produit d'un auteur ("toyien", un truc que si tu parles pas le to tu sais pas de quoi il s'agit).

Putain, c'est absurde.

samedi 21 novembre 2009

La RATP ne fume pas pour votre bien !

Quelle année pour les polémiques de censure d'affiches à la RATP ! C'est au tour du Gainsbourg, vie héroique de se voir refuser son affiche fumante dans les couloirs de la RATP.

Si Inglourious Basterds avait pu perdre sa croix sans choquer personne (suite à une loi ?), c'est autre chose quand il s'agit de ces icones françaises fumant ouvertement. Parce qu'après tout, on s'est rendu compte après 80 ans que ces affiches/images poussaient une jeunesse à suivre cet exemple néfaste pour la santé, c'est donc naturellement qu'on passe d'un désinteret général à une censure dogmatique pour vous protéger vous et vos enfants.

Mais quitte à refuser/interdire des affiches susceptible de véhiculer un message pervers, pourquoi ne pas tout simplement refuser/interdire la publicité dans les couloirs du métro. Cette publicité qui s'impose dès le matin dans la tête des gens (besoin d'un crédit ?)

La RATP via son organise publicitaire respecte avec rigueur certains principes, autant les appliquer jusqu'au bout ! Virer la publicité du métro ! Ce serait quand même plus sympa de se réveiller avec des illustrations artistiques que des affiches promo pour tonku-a-république.

vendredi 13 novembre 2009

Le Cercle des Couillons

Si l'émission cinéma Le Cercle arrive à convaincre/intéresser quelques cinéphiles dans les vapes en quête de discussions hautement cinéphiliquement votre, cette émission reste dans la veine médiocre habituelle de ce qu'on peut voir à la tv.

Jetons un oeil (seulement 1) sur leur critique du film de Jeunet; un extrait:
Jean Pierre jeunet dans le dernier numéro de GQ se moque du Cercle en disant que les séquences les plus absurdes sont celles où nous décryptons des extraits en y voyant des choses que peut-être ils n'ont pas du tout voulu faire ces metteurs en scène.

C'est vachement intéressant, Pourquoi? Sans faire de défense corporatiste, parce que Jeunet ne peut pas comprendre qu'effectivement dans le film de quelqu'un, quelque chose lui échappe. Pourquoi?
Parce que c'est du cinéma de la maîtrise.
Effectivement quand on analyse le cinéma de Haneke ou d'un autre, on prétend pas que Haneke a pensé à tout ce qu'il fait, en revanche on prétend que c'est ce qu'on voit au bout du compte, et qu'il y a une espèce de résultat objectif qui aurait échappé au cinéaste (ce qui est peut-être un peu aussi la définition de l'art).
Or Jeunet est un cinéaste de la maîtrise. C'est pour ça que moi je le trouve pas du tout sympa.
Parce qu'on voit bien que c'est un cadrant.
En fait, on est face à un magazine culturel people qui ne parle pas de cinéma mais théorise avec de belles phrases, de belles intonations, on se mange de l'interpretation titillant les sphères godwinniennes ("C'est très facho hein, très facho" dira en fond l'une des 'journalistes').

Mais rien sur le cinéma en lui-même. Sur le film. Car avant même d'etre jugé bon ou mauvais, le film de Jeunet est... un film. Avec des images, une grammaire, un montage, une histoire, des émotions... Bref, du cinéma.

Là, en regardant ce ramassis d'interpretations, on en apprend plus sur la vision et les goûts personnels de nos 'journalistes' (top mega délire) que sur le film en lui-même. Alors vous me direz que oui, c'est pratique dans les soirées étudiantes ou hypes pour draguer ou montrer qu'on est quelqu'un ayant des valeurs "moi je pense que...".

Mais ça ne permet pas à 99,9% des spectateurs de mieux comprendre le film. À quoi ça sert d'écouter des avis éclairés si c'est pour ajouter de la merde dans les yeux. En même temps ici-bas, on deal plutot avec des imposteurs culturellement admis que des gens éclairés.

Emission à la ramasse.

mardi 3 novembre 2009

La caméra à l'épaule c'est mal

Ça fait maintenant 7-8 ans que les cinéphiles redécouvrent les plaisirs d'une caméra à l'épaule. Depuis les conneries Greengrassiennes et autres youtuberies abramsiennes, cette façon de filmer est devenue synonyme de plans illisibles, de maux de tête... Du mâââl.

Et en fait, c'en est devenu une vérité absolue pour bon nombres de cinéphiles (suffit de parcourir vite fait les forums/blogs), la caméra à l'épaule est perçue comme une agression.

Dernièrement, c'est ce qui a été souvent reprocher à District 9 et Démineurs.

Mais, mais, ça en devient terriblement absurde ! Le spectateur associe directement "caméra à l'épaule" = "mal" sans tenir compte de l'utilisation qui en est faite.

Parce que dans le cas des 2 films cités, la caméra portée répond exactement à la tâche millénaire d'un plan (de cinéma) : transmettre des informations sur l'histoire, permettre aux spectateurs de comprendre visuellement ce qu'il se passe.

Mé bon, sa bouje 2 partt é on pe ri1 voir lol

lundi 2 novembre 2009

Une cinéaste sur les "films d'en bas"

Dans cet article, la cinéaste Simone Bitton nous parle de la place des "films d'en bas" au box office français. C'est bien, ça permet de faire 2 découvertes en même temps; une réalisatrice et une expression plutôt étrange.

Moi bêtement, je me dis "films d'en bas", ça doit désigner les trucs populaires. Mais en fait, non, c'est des petits films indépendants au potentiel auteurisant/réflexif important (plus globalement, ça regroupe les films de niche/ressorties, pas la peine d'invoquer l'Auteur pour ça quoi).

L'initiative de l'article est super, elle l'avoue dans son intro "une opération de transparence qui est assez rare dans mon métier : l'analyse contextualisée de la première semaine d'exploitation commerciale de mon film." Ou comment foutre la honte à 90% des journalistes cinéma qui nous balançent des chiffres sans jamais les décrypter (je pige quasi-quedal aux nbres d'entrées, j'imagine pas le pékin moyen).

Ensuite, passée le sentiment du "c'était mieux avant", elle confirme simplement le pouvoir des distributeurs majeurs. Et l'errance des distrib indés, perdus dans cette bataille.

J'étais parti pour rigoler de Mme Bitton (cul), mais au final, j'ai surtout l'impression que face à une main-mise ferme sur le "parc des salles françaises", les "petits" éprouvent une difficulté énaurme à exister alors même qu'ils disposent du média internet et qu'à part pleurer/se plaindre, les journalistes/cinéphiles font pas grand chose (le loto-cinéma, c'est leur dada)

Ça, putain, c'est déprimant.

mardi 20 octobre 2009

Bug Pavlovien chez Orange

Je viens de découvrir une publicité d'Orange, intitulée "les mots à double sens" :



Cette pub retourne à quelque chose de très simple; 1 idée, 1 mot, une émotion, le tout répété 2 fois de façon négatif puis positif. Sachant que les mots sont en rapport direct avec l'expérience de la vie. Ce qui en dit long sur ce que la pub essaye de vendre & révéler chez le spectateur. Ça touche autant la fibre du désir que du besoin.

Mais voilà, niveau perversion, l'approche de la pub possède ce côté mécanique pavlovien gerbant (littéralement hein) où l'individu redevient un enfant dépendant d'une illusion. Orange s'impose comme une sorte de source de vie à base de forfaits et de contrats, où la beauté de l'existence s'incarne dans une lettre envoyée chaque mois obligeant le consommateur à payer. La voilà, la vraie claque dans ta gueule.

C'est pervers putain.

vendredi 16 octobre 2009

Télérama découvre le Cinéma

Gros choc en découvrant cet article concernant le blog américain Deadline Hollywood;
La question qui taraude, c'est : pourquoi les mêmes pratiques n'existent-elles pas en France ? (et, accessoirement, pourquoi personne ne rachète Cinécure pour dix millions – d'euros, tant qu'à faire ?). Pourquoi brillent par leur absence des « insiders », qui dépiauteraient la vie de l'industrie cinéma, projets en cours, négociations secrètes, etc. A cela plein de réponses – et un regret. D'abord, la primauté absolue de la critique. Ecrire sur le cinéma, en France, c'est dire, au mieux, « j'aime j'aime pas », au pire « c'est bien c'est mal ». C'est assez rarement décrire des phénomènes économiques, décrypter les enjeux du business, et c'est dommage. Parler d'industrie du cinéma dans l'Hexagone est faire preuve d'optimisme : la fabrique du cinéma reste encore, ici, un artisanat. Et les majors locales (Gaumont, Pathé, UGC, éventuellement Europacorp, etc.) ont un goût du secret qui ne serait sans doute pas toléré outre-Atlantique.

En outre, le poids du cinéma américain est tel qu'il pèse sur la hiérarchie de l'information : en clair, connaître le nouveau projet de Tarantino excitera plus que de savoir que Philippe Lioret va adapter D'autres vies que la mienne, d'Emmanuel Carrère, avec Vincent Lindon. Oui, c'est injuste, non ce n'est pas un scoop. Ce que ne comprennent pas bien les décideurs français, producteurs, distributeurs, etc., c'est qu'ils ont tout intérêt à ce que l'information circule mieux, y compris sur les œuvres à venir ou en chantier. Créer du buzz, entretenir la notoriété, c'est ce qu'Hollywood sait faire, et ce que les Français doivent apprendre.

Choqué parce qu'on est en 2009 et que l'auteur de l'article (un professionnel) découvre une situation évidente. Non seulement le cinéma est une industrie mais en plus le secteur français se mange 15 ans de retard sur plusieurs fronts.

En cherchant d'autres articles de cet auteur, je me suis aperçu qu'il participe exactement à ce qu'il critique; la passivité du critique écrivant sur l'Art sans s'intéresser à la totalité du processus (artistico-financier-....). Ce que les Français doivent apprendre, c'est à sortir du cadre complaisant de la bonne critique pour aller interroger l'Industrie.

(ce qui pourrait aisément faire un type comme ce critique, qui doit posseder suffisamment de bons contacts pour s'affranchir de la logique clanique parisiano-française) (et encore je suis généreux, car même en amont des productions, ça semble fonctionner comme en l'an 40 niveau com').

mardi 13 octobre 2009

Des Démineurs aux Héros Mythiques

Pour la énième fois, une critique de Démineurs pointant le "fond désert" du film. Et pour la première fois, je fais le parallèle entre ce film et la situation d'un héros:
Pendant la guerre du Vietnam, je me souviens d'avoir vu à la télévision des jeunes hommes partant en hélicoptères à la recherche de leurs compagnons. Ils risquaient délibérément leur vie, sans aucune obligation. J'ai vu se dérouler la même situation que Schopenhauer à décrite, avec ce même consentement au sacrifice suprême. Les hommes avouent parfois qu'ils aiment la guerre parce qu'elle leur donne le sentiment aigu de l'existence. Vous ne pouvez pas ressentir cela en allant tous les jours au bureau mais en guerre, tout à coup, vous êtes brutalement confronté avec la vie. Vivre, c'est avoir peur, c'est souffrir. Vivre, c'est l'horreur, mais vous en avez tout à coup pleinement conscience. Vous vous sentez vivre. Ces jeunes gens, au Vietnam, se sentaient véritablement vivre en bravant la mort pour sauver leurs camarades.
Il suffit donc de reprendre la phrase en gras, d'y ajouter plus d'ambiguïté dans le rapport entre les hommes et la guerre (pas d'idée de sacrifice), et on peut commencer à entrevoir l'ampleur du "fond" du film. Une tragédie existentielle où des démineurs bravent la mort pour survivre, même plus pour sauver quelque chose. Et c'est ça, le "fond désertique" ?

(j'ai ma dose de démineurs, plus de post sur ce film jusqu'à au moins la sortie DVD, pfiou!)

vendredi 2 octobre 2009

La propagande américaine nous aura tous

Trouvé quelque part à propos de Démineurs;
Ben non, Bigelow ne dit pas "la guerre c'est pas bien" mais "il faut continuer de se battre, même seul !"... et "on manque de démineurs" (c'est d'ailleurs une citation direct du film). Le démineur est une figure de héros...
Tiens un bon article de Prospect.
En suivant le lien on arrive à un article censé expliquer que "pour un film soit-disant anti-guerre, Démineurs sert à merveille la machine d'enrolement militaire américaine".

J'ai bien dit censé, parce que dans l'état, c'est plus une journaliste qui essaye de caser le film dans sa grille de lecture en niant volontairement (ou pas) le propos du film. Voyons ça vite fait :
... you feel empathy for the soldiers when they shoot. And in this way, the full impact of the Iraq war [...] becomes clear: American soldiers shot at Iraqi civilians even when, for example, they just happened to be holding a cell phone and standing near an IED, as Colin H. Kahl, a military analyst and Obama administration official, wrote in International Security.
Ah oui, j'avais pas vu que Bigelow a réalisé un sous-Lions & Agneaux.
Vous savez ce film didactique à mort où pendant 2h, on voit des gus causer autour d'une table en nous faisant une analyse socio-politique ciblée très emmerdante. Soit, tout ce que n'est pas Démineurs.
It opens with a quote, "War is a drug," from Chris Hedges, a Nation Institute senior fellow and author of War Is A Force That Gives Us Meaning.
En effet, Bigelow ne mentionne pas la biographie sans doute exceptionnelle de Chris Hedges. De toute façon, vu sa tronche, ça doit être un végatarien albinos, donc c'est un fils de pute. Donc c'est un film de fils de pute. CQFD. La journaliste ignore donc volontairement la citation pour se focaliser sur le titre du livre. Pourtant "WAR IS A DRUG" c'était bien écrit en gros.
The film draws a sharp contrast between the tedium of American life [...] vapid consumerism, and the heart-pounding drama of the combat zone in Iraq [...] The Hurt Locker is one of the most effective recruiting vehicles for the U.S. Army that I have seen.
Peut-être qu'en ouvrant les yeux, la madame journaliste aurait fait le rapprochement entre la note d'intention (WAR IS A DRUG qu'on t'as dit) et le reste du film. Peut-être qu'elle aurait alors vu le lien morbide/ambigu unissant soldats & guerre, par extension la mentalité d'une armée. D'un pays capable d'exister uniquement à travers le prisme des attaques exterieures.

Soit, une autre facette d'un American life, peut-être ?
(c'est là où tu te dis, qu'une journaliste pareille serait en face de la pire des propagandes, elle y verrait quedalle, vive les grilles de lecture et interpretations persos).

mardi 29 septembre 2009

L'avis de Polanski

Le moulin à polémiques a repris son activité ces derniers jours avec l'arrestation de Polanski.

Partout, on voit fleurir des discussions où chacun apporte soigneusement son opinion, ce qui a permis à certains de souligner le fossé entre une "intelligentsia" céfran et la foule internaute et le reste du monde... Bref, ça s'engueule de partout, il faut choisir son clan.

C'est ça la magie d'une polémique, permettre aux gens d'avoir l'illusion d'un avis, et de pouvoir en plus le faire entendre partout. C'est l'impératif de devoir penser quelque chose de Polanski, de le juger comme si c'était soudainement l'un des trucs les plus importants de notre vie (misérable?).

La question n'est pas de savoir si ce mec est coupable ou non, si l'arrestation est légitime ou pas... Non, la question c'est comme pour chaque polémique; est-ce qu'on a du temps à perdre avec ces conneries ?

Ô polémique, Je t'échange mon temps de vie, Contre un petit avis, De merde.

jeudi 24 septembre 2009

Le politiquement incorrect

Anecdote triste, il y a quelques semaines un éditeur français évoquait avoir eu des problèmes avec son fournisseur. Ce dernier refusait de copier les DVDs jugeant les films "politiquement incorrects".

Les films en question sont des produits érotiques japonais de la fin des années 60 (réalisés par Koji Wakamatsu).

L'éditeur est parvenu à régler le problème après 3 jours en expliquant qu'il s'agissait de films politiques et pas érotiques. Comme quoi, auprès des gens, c'est toujours plus noble de mettre en avant qu'un genre sert juste de véhicule à une critique politique...

Donc en 2009, l'érotisme c'est politiquement incorrect mais des films anarchistes poussant le spectateur à sortir de sa léthargie idéologique pour aller poser des bombes, c'est acceptable. Tout s'explique, c'est logique :mrgreen:

(le meme réalisateur qui en 2007 se fait interdire aux -18 son film de 66 sous pretexte qu'il donne une image déviante des rapports humains tout en rabaissant la femme).

lundi 21 septembre 2009

L'invraisemblable incoherence

Restons dans le domaine de l'erreur, du faux, de l'impossible... de ces points qui interpellent l'intellect du spectateur pour mieux le distancier du spectacle. Mais pas de l'univers fictif du récit.

Alice au pays des merveilles est connu pour démontrer à quel point à partir d'une proposition totalement absurde, le lecteur parvient à admettre l'univers fantastique. Quelque soit la justification, des valets-cartes, un lièvre pressé... L'absurdité est complète, on est dans le faux à tous les niveaux. Ça marche.

Mais devant un District 9, le spectateur n'admet qu'à moitié la proposition de départ. Il faut dire que le film joue sur l'ambiguïté réalité-documentaire/fiction. L'univers fictif n'est pas totalement fantastique aux yeux du spectateur pour qui les règles de la réalité peuvent s'appliquer. Alors même que les aliens n'existent pas. C'est absurde.

Dans la recherche d'une logique quelconque, qu'en est-il de l'experience ? Du cheminement des personnages dans cet univers grotesque faux ? De l'émotion ? Du coeur même de l'histoire ?

Alan Moore disait dans un entretien :
Avec la fiction, l'art, l'écriture, il est essentiel que même si vous êtes dans le domaine d'une fantaisie outrancière, une résonance émotionnelle demeure.

Il est essentiel qu'une histoire sonne juste au niveau humain, même si elle n'a jamais eu lieu.
En cherchant une réponse légitime à l'origine d'un carburant extra-terrestre fictif, et autres détails tout aussi fictifs-faux-impossibles-inexistants-incroyables, le spectateur reste tellement prisonnier par sa quête de sens qu'il se coupe de la seule chose véritablement vrai-réaliste-possible-croyable, l'émotion. C'est absurde.

En même temps, le panneau nous avait prévenus : les "non-humains" sont bannis.
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