samedi 31 octobre 2009

Ne Te Retourne Pas (2009): POUNAID

Ne Te Retourne Pas, c'est une réalisation soignée pour un script horriblement chiant. Comme je le disais sur facebook, pendant la 1ère heure, on regarde Sophie Marceau pleurer et tourner en rond dans son appartement et dans les rues de paris. Ah, et son visage se transforme un peu. Première heure.

Mais côté réalisation, j'ai noté des bonnes idées, genre jouer (à mort) sur les reflets/miroirs pour introduire/surligner l'idée de double. Et forcément, les 2 parties se répondent indirectement par des plans opposés (les plans sur les lits par ex).

Sinon, y a ce plan sympa qui combine un peu toutes les idées + le déchirement de personnalité.

Mais punaise, à part des effets spéciaux et cette mise en image uber soignée, il se passe horriblement rien du tout pendant les 1h40 de film. C'est de la réalisation porteuse de symbolique, douée d'un propos métaphysiquement métaphysique (cé lourd mes amis)

jeudi 29 octobre 2009

The Tournament (2009): Course à la morgue

Aujourd'hui j'ai vu The Tournament (2009) :

# Tous les 7 ans, un tournoi rassemble les plus grands tueurs au monde au coeur d'une zone urbaine habituée (ou non). Au bout de 24h, il ne doit en rester qu'un.

# Et côté casting on se retrouve avec Ving Rhames, Robert Carlyle, Kelly Hu...

# Evidemment, c'est un mélange entre Course à la Mort/Running Man et les 150 films de tournoi à la con. L'histoire est grillée au bout de 15min, rien de nouveau à voir.

# Mais, le film propose son lot de scènes d'action et de tueries entre tueurs. Entre un yamakasi français qui saute de partout (ahhh), un ruskov complètement dérangé, un cow-boy franc tireur, un prêtre embarqué malgré lui dans ce merdier.... Y a de quoi satisfaire un spectacle bateau.

# Les véritables grandes surprises du film, c'est les explosions. Non, pas les voitures ou ce genre de truc, mais quand les candidats explosent littéralement comme des sacs de viande.

# Dommage que l'histoire soit bourrée de clichés, genre le tueur incarné par Rhames qui met tout le film pour découvrir ce qu'on a capté dès les 10 premières minutes. Ou encore, la chinoise et ses problèmes de conscience...

# Ça reste un actionner bourrin torché à l'arrache. Pas aussi marrant que le pitch l'annonçait.

La Bob Critique : HEADSHOT MOTHERFUCKER/10

Le Winner de l'année est...

C'est en découvrant cette somptueuse interview que Yann Moix, l'humble, honnête, généreux réalisateur de CINEMA s'est imposé immédiatement comme le grand winner 2009 :
Toujours prompt à citer Coppola, Leone ou Kubrick, ce cinéphage à la mémoire phénoménale ne s’encombre pas de fausse modestie et dégaine « l’école Dino Risi » quand il s’agit d’expliquer le doublage franchement pénible de « Cinéman ». Ou pourquoi les lèvres de Pierre Richard ne collent jamais à ce qu’il dit. « C’est moi le dictateur ! Quand je trouve des dialogues deux fois meilleurs en salle de montage, je m’octroie la liberté de remplacer les précédents. »
Mais le meilleur reste à venir, en provenance du mag promo UGC (à sauvegarder):
Quel est le chef d'oeuvre officiel qui vous gonfle ?

There Will be Blood. Il n'y a aucun point de vue, Daniel Day-Lewis cabotine sans arrêt, il n'y a pas un gramme de sincérité, ça vise le grand cinéma à chaque plan, sauf qu'à l'arrivée c'est un tout petit truc.

Quel film montreriez-vous en boucle à votre pire ennemi ?

La Graine et le mulet. Quatre heures sur un mec qui prépare un couscous.
(ahah)

Pendant ce temps-là, Cinéman se fait fumer, on lui reproche :
- un doublage catastrophique (post-resynchro), Lucy Gordon morte en début d'année se retrouve avec une nouvelle voix (vive la cinécrophilie), des blagues ont été rajouté quand les acteurs sont de dos (!!)
- des problèmes de raccords à la pelle (décors/lumière)
- un montage désastreux (le film traîne depuis plus d'1 an)
...

Tout de suite, ça donne envie d'y aller. Bon histoire de se rassurer, Bernard Henri Levi a écrit un texte élogieux sur le film. Ouf, on est sauvés ?

(Merci Yann)

Vertige (2009): Dans les montages croattes

Aujourd'hui j'ai vu Vertige (2009):

# Petit film français sur une équipe de jeunes potos partant faire de l'escalade en Croatie.

# Ça pourrait ressembler à Cliffhanger, mais ça lorgne surtout sur Delivrance. On se retrouve donc avec un film ayant le cul entre 2 chaises. La vraie souffrance, elle est pour nous hein.

# L'idée de jouer sur la peur, sensations extrêmes, c'est bien. Et tellement rare dans une prod française. Mais c'est amené avec l'élégance d'une sitcom AB1 qui tue l'éventuel attachement aux persos.

# Au coeur de l'histoire, y a une question de jalousie neuneue entre 2 mecs. Wouaw bonne idée, sérieusement. Ça peut déboucher sur des bonnes tentions renforcées par un contexte difficile. Mais non, au lieu de la mettre en images, on doit se farcir des dialogues de merde qui extériorisent tout ça sans subtilité.

# Au lieu de faire vivre les malaises, on les écoute.

# Heureusement, juste avant que la 1ère partie vire insupportable, ça tourne au survival. Faut savoir qu'à ce moment-là, l'intrigue est censée atteindre un point de tension énaurme. Et ce changement de ton donne l'impression d'un truc brodé à l'arrache.

# Entre Humains et ça, on découvre qu'il y a forcément un mec louche vivant dans chaque montagne du monde. C'est pas comme si la Montagne c'était pas déjà un adversaire suffisament impressionant. Il faut absolument un ouf enculeur de brebies.

# Les passages extremes étaient plats, les scènes d'action aussi. C'est filmée en mode "je bouge le plus possible ma caméra et je dis à mes acteurs de crier très, très, très fort".

# Je passe sur le final horrible, le trauma bidon d'un perso, son t-shirt faussment sexy...

La Bob Note : Ils ont oublié Prédator/10

mardi 27 octobre 2009

Viendez voir mes fesses !

Histoire de vous annoncer la création d'une page Bob Critique sur FB...



Rejoindez-nous !

lundi 26 octobre 2009

The Goods: Live Hard, Sell Hard (2009)

Aujoud'hui j'ai vu la comédie américaine The Goods: Live Hard, Sell Hard (2009):

# Un concessionnaire auto traverse une mauvaise passe, il décide de faire appel à Don Ready et à son équipe de vendeurs exceptionnels.

# C'est en fait l'histoire de Jeremy Piven d'Entourage qui se retrouve en plein milieu de l'univers de Will Ferrell (qui fait lui-même 3 apparitions, littéralement). Et comme dans son show TV, c'est une belle grande gueule pleine d'assurance. Avec une dose d'absurdité en plus.

# Forcément, c'est le genre de mec qui déclenche une fiesta NSFW dans un avion de ligne classique après avoir lâché un beau discours sur la liberté américaine. L'image type du vendeur qui arrive toujours à ses fins.

# Le film contient pas mal de petites touches bien connes : le concessionnaire gay refoulé, le DJ psychopathe, le vétéran vénère, la nympho rêvant de sauter un homme dont l'âge mental est 10 ans, le connard arrogant appartenant à un Men's band (!)...

# Piven est sympa, mais il a pas la classe et le génie de Ferrell. Surtout quand il s'agit de cabotiner comme un gros porc. Il lui manque ce côté pathétique-humain-absurde.

# Il y a toujours quelques bons gags (la vente qui se fait autour d'un fantasme, les lapdanse hardcore...) histoire d'interesser les fans de comédie (y a bien des mecs pour trouver Hot Rod excellent).

# Mais ça manque d'humanité (Piven joue comme un bloc quoi) et de dérision sur le monde de la vente (l'idée de l'émeute virant à la promo tv gratos est excellente)... surtout que le film se déroule dans un trou du cul d'amérique en plein fête nationale. Y avait matière à plus rigoler.

# Jordana Spiro ♥

La Bob Note : Sell cars, motherfucker/10

dimanche 25 octobre 2009

(Watch List 2010) #1 Agora

Le nouveau film d'Alejandro Amenabar sortira en France le 6 Janvier 2010 alors qu'il avait été boudé au festival de Cannes... Mais son succès au BO espagnol a changé les esprits.

Plus qu'une bande annonce, des retours positifs ou des images, c'est cet extrait d'un entretien avec Amenabar qui m'a vendu le film. Jugez par vous-mêmes :
Tout découle de l’astronomie. Cela fait des années que je m’y intéresse. J’avais envie de faire quelque chose sur le mystère du cosmos mais il m’était impossible de raconter toute l’histoire de l’astronomie. Au cours de mes recherches, j’ai découvert l’existence de cette femme, Hypatie d’Alexandrie, un personnage fascinant, une parfaite héroïne pour le film que je voulais faire qui, du coup, allait devoir se dérouler au IVe siècle après Jésus-Christ et être donc un film historique… Une sorte de "péplum cosmologique" ! (source)
Très belle ambition pour l'an 2010.

Moon (2009): Malédiction lunaire

"L'évènement science fiction de 2009", "le retour à la true-hardcore sci-fi", "le 2001 de 2009"... Bah non.

Moon
, c'est l'histoire d'un type envoyé sur la Lune pour s'occuper d'une station fournissant une énérgie propre et révolutionnaire à la Terre. Son contrat de 3ans arrive à échéance.

Mais à côté d'une histoire délivrant trop rapidement ses zones d'ombre, cassant son ambiguité et ses pistes de réflexion pour toujours conserver le spectateur sous la main, Moon c'est aussi et surtout une simple relecture de Prométhée.

Qui pour avoir apporté le feu aux hommes, s'est fait enchaîné au sommet d'une montagne pour qu'un aigle vienne chaque jour lui dévorer son foie. À vous de faire le parallèle avec les éléments du film.

De Moon à Prométhée, et on en arrive forcément au Sky Crawlers de Mamoru Oshii. Qui à l'inverse du film de Duncan Jones, laisse les spectateurs se construire leurs propres idées (mais rassurez-vous, c'est une sympathique déception).

vendredi 23 octobre 2009

Fame (2009) et les joies du marketing

Là-Haut un peu plus loin

Attention mesdames & messieurs, cet article contient d'évidents spoilers.

J'adore la simplicité et l'efficacité des productions Pixar, niveau narration, il y a toujours un jeu s'établissant entre le film et les spectateurs. Exemple:

Au début du film, on découvre le fameux livre des Aventures d'Ellie.

Dont la partie "Trucs à faire" est totalement vierge, elle compte la remplir en accomplissant son aventure vers les Chutes du Paradis. Bref, on reste du cette image d'une partie laissée vierge, abandonnée/inaccomplie. Ce qui amènera entre autre Carl à se lancer dans l'aventure après la mort de sa femme. Réaliser leur rêve d'enfant.

Un peu plus tard, lorsque Carl aura finalement accompli ce rêve, il traversera un instant d'insatisfaction. Seul dans sa maison, il réouvrira le livre avec un regard blasé. Et miracle :

On découvre en même temps que lui qu'Ellie a déjà rempli cette partie avec des photos de sa propre aventure. Celle de sa vie avec Carl. Mieux qu'un rêve d'enfant, elle a accompli sa vie. Soudainement, Carl est donc libéré d'une "obligation" et peut enfin mener sa propre aventure (cf. aider ses nouveaux amis).

Maintenant, voyons deux plans qui se répondent :

Le portrait d'Ellie (incarnation de la maison) écrase/étouffe littéralement notre Carl. L'échelle des rapports entre 1er et 2nd plan est clair, sans oublier la fênetre, véritable porte vers le passé.

Retournement de situation, presque complet, Carl étant toujours de dos, attristé de voir sa maison disparaitre au loin. Le lien est définitivement coupé.

Dans la même continuité, 2 autres plans qui se répondent indirectement :

Faut se concentrer sur la photo, Carl et sa femme, équilibre parfait. Tout au long du film, on verra Carl vivre en total déséquilibre, seul dans son vie, seul dans son salon... avec toujours un vide à ses côtés. Mais heureusement :

Après avoir vu sa maison disparaître, Carl dira "C'est qu'une maison" tournant ainsi définitivement la page et retrouvant donc son équilibre auprès de son jeune copain scout.

Maintenant un détail amusant :

Les différentes couleurs des ballons portant la maison renvoient à celles de l'oiseau étrange. Et l'un des enjeux de l'histoire, c'est de pouvoir amener la maison aux chutes avant que l'hélium sorte des ballons... enjeu qui se fait bousculer par la nécessité de ramener l'oiseau chez lui, près de ses petits. D'un côté, on a quelque chose de temporaire, de mort, de l'autre, on fait face à la vie, à une mère pensant à ses petits.

Dernière comparaison entre 2 plans :

Lors d'une tempête, Carl se dépèche de sauver le moindre objet de sa maison risquant d'être détruit. Il veut absolument protéger son passé quitte à oublier quelque chose de plus important : se sortir de la tempête. Tâche laissée entre les mains du petit scout. Évidemment, c'était une épreuve et Carl l'a complètement échouée.

C'est bien sûr un peu plus tard qu'il parviendra enfin à passer l'épreuve, lorsqu'il comprend qu'il lui faut aider ses amis - ceux qui partagent son aventure. La maison devient un simple outil de transport qu'il faut alléger pour repartir de plus belle (tout comme sa conscience finalement). C'est ainsi que Carl se décide à virer tous les objets de sa maison.

Dernier point, la critique de Télérama (écrite par Pierre Murat) représente ça :

Charles Muntz, explorateur oublié en quête de gloire, propriétaire d'un musée de squelettes.

Là-Haut en 1 Plan

Le papy traînant sa maison, son passé, ses émotions... vers son vieux rêve d'enfance.

Ce seul plan résume tellement bien l'ampleur même de Là-Haut (2009), l'idée de lâcher prise et de prendre l'aventure/la vie comme elle vient, sans regret. À moins de vouloir finir comme le très Hadessien aventurier perdu en quête de reconnaissance depuis des décennies.

(et si le titre du film n'est passez clair; Là-Haut/UP = Làchez-vous)

jeudi 22 octobre 2009

C'est quoi un Geek ?

Un mec parlant des comédies américaines (Funny People, Cloque Mode d'Emploi...) disait :
C'est une porte d'entrée créant un rapport au monde, aux autres, donc à soi. La déflagration intime que constitue la transformation du pur individu en être social.
Oui, je sais, c'est trèèèès pompeux mais l'idée est là (et encore j'ai remanié la phrase).

Il suffit d'y ajouter un zeste de culture populaire (pour l'environnement) et un peu de Sagesse (pour l'esprit), et on obtient une définition du Geek qui commence à tenir la route. Loin des préjugés sur l'informatique, les boutonneux, les no-life et autres fantaisies...

Les Américains ont de la merde dans les yeux ?

Je suis tombé sur ce message posté sur un forum français :
C'est grave comme ils s'enflamment pour le moindre blockbuster français au look un peu soigné...que certains avertis ricains vouent un culte à des films comme Le Pacte des Loups ou Nid de guêpes, je comprends mais j'hallucine constamment de voir des mecs à donf de Vidocq par exemple.
Hé non, aujourd'hui pas de séance de bashage. Parce que j'étais fait à peu près la même réflexion devant les réactions toujours assez enthousiastes d'un public américain. Que ce soit des ba ou les films en eux-mêmes, la réponse reste majoritairement positive.

Forcément quand on parle de films comme Banlieue 13 Ultimatum ou Lucky Luke, du point de vue français y a presque personne pour s'affoler.

Mais plutôt que d'insulter ce public américain, de le considérer comme inculte (vive la condescendance française), j'en suis venu à me dire qu'ils ont surtout une autre approche du spectacle, de l'entertainment. Plus portés par l'experience offerte par le film & par l'émotion.

Finalement c'est des sensations oubliées par chez nous où vivre un spectacle, c'est mâl.

Les Français ont de la merde plein les sens. C'est triste.

mercredi 21 octobre 2009

Parce qu'il faut bien rigoler de notre connerie...

... Les Recherches Google à la Con

Dans certains cas, les suggestions de Google sont à la fois énormes et tristes. Ex:


J'en ai trouvé plein d'autres trèèès louches.

mardi 20 octobre 2009

Bug Pavlovien chez Orange

Je viens de découvrir une publicité d'Orange, intitulée "les mots à double sens" :



Cette pub retourne à quelque chose de très simple; 1 idée, 1 mot, une émotion, le tout répété 2 fois de façon négatif puis positif. Sachant que les mots sont en rapport direct avec l'expérience de la vie. Ce qui en dit long sur ce que la pub essaye de vendre & révéler chez le spectateur. Ça touche autant la fibre du désir que du besoin.

Mais voilà, niveau perversion, l'approche de la pub possède ce côté mécanique pavlovien gerbant (littéralement hein) où l'individu redevient un enfant dépendant d'une illusion. Orange s'impose comme une sorte de source de vie à base de forfaits et de contrats, où la beauté de l'existence s'incarne dans une lettre envoyée chaque mois obligeant le consommateur à payer. La voilà, la vraie claque dans ta gueule.

C'est pervers putain.
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