mardi 30 juin 2009

L'Internet a tué les Casiers du Cinéma

Découvert par hasard sur un forum cet article sur la différence entre cinéphiles d'hier et d'aujourd'hui et leurs classiques. Autrement dit, une génération qui préfére Tarantino à Godard est-elle atteinte d'une ignorance crasse ?

Plutôt que de débattre sur les influences entre ces cinéastes (OSEF), ce qui m'interpelle pour le coup c'est la différence de la découverte entre ces générations de cinéphiles.

L'article a été écrit en 2002 et passe à côté de l'état actuel et du rôle d'Internet et de ses réseaux officieux. Une question serait de savoir qu'est-ce qu'ont apporté ces nouveautés ?

Déjà, alors que les critiques pleurent les 20 sorties ciné / semaine, Internet délivre quotidiennement minimum 1000 films inconnus, inédits, rares, toutes époques confondues.

Déjà, il y a un fossé incroyable qui tend à rendre l'idée d'un discours/système critique périmé. Quel intérêt de suivre les guerres de clans critiques dans un contexte aussi varié et *libre* ?

Parfois, je tombe sur des webzines cinéphiles français qui essaye de se placer comme les nouveaux Casiers du cinéma, avec une approche pompeuse et lourde qui me semble peu adapté au médium internet. Sans oublier l'arrogance et la prétention des textes. Des articles qui veulent redéfinir un film, le placer sur une grille d'analyse particulière. Le théoriser. Au final, on en sait plus sur l'auteur du texte que sur le film. Tankiou komeugaine.

J'ai l'impression qu'aujourd'hui, on est plus vraiment en quête d'étiqueter un demi-dieu du cinéma. Mais plutôt dans l'envie de faire découvrir des bons films. Des bons films putain ! Un rapport plus concret aux films et moins aux théories élitistes qui n'intéressent au final que quelques cinéphiles jeunes ou vieux d'une époque révolue (voir l'article sur Brazil).

Mais comme vous l'imaginez, c'est plus facile d'être une prostituée relayant les photos du dernier film cool hupla-boom que d'aborder ces fameux trucs rares. D'autres questions, d'autres réponses...

Le Marketing des Films en France #1

Quand une comédie américaine sort sur quelques écrans, qu'elle ne rencontre forcément aucun succès, alors le distributeur français prend un risque : Il change le titre français et l'affiche en s'inspirant grossièrement de American Pie afin d'esperer toucher un public ado. Après tout, c'est une comédie, il y a quelques blagues de cul alors LOL KIKOUUU ?

L'affiche américaine > L'affiche française > L'affiche française du DVD

On est passé d'une affiche montrant l'irresponsabilité crade des persos (miam, la boisson et la pisse), à une affiche plus modérée de Grands Frères experts en cul face à des gamins bornés pour finalement arriver à... 2 mecs pervers adeptes de la gonzesse 95C !

Maintenant devinez quelle affiche se rapproche le plus du film...

lundi 29 juin 2009

Phénomènes (2008): Le vent l'emportera

Derrière le beau ratage qu'est Phénomènes, il y a une excellente idée se démarquant des habituelles purges catastrophes et aux autres films sur les contaminations. Une idée prenant à revers les courants de pensées égocentriques d'une Humanité devant protéger son environnement.

Bien sûr, la suite du texte contient des SPOILERS majeurs sur le film.

Phénomènes vient bousculer cette Humanité qui se replace au coeur de l'Univers, en cherchant à contrôler son monde pour conserver un confort. Ca commence par le titre, en français comme en anglais, on sait qu'il se passe quelque chose de très dangereux mais impossible d'en définir l'origine. C'est-à-dire quelque chose qui dépasse le contrôle et la raison humaine. Reste à savoir ce que c'est !

Forcément, ça ose différentes pistes dont l'idée d'une épidémie pour mieux parvenir (avec difficulté) à l'idée que c'est l'action même de la Nature. L'homme n'est plus au centre des préoccupations, il n'est plus la victime, il est une sorte d'ennemi. Manière de relativiser sa présence à travers le monde.

Si l'on peut concevoir cette idée selon l'angle écologique il-faut-respecter-la-nature, il me semble qu'on peut y percevoir autre chose. Surtout de la part d'un réalisateur comme Shyamalan qui s'est interrogé sur une possible logique universelle (Signes; son vrai-faux déterminisme), sur les super-héros (Incassable; des forces uniques de la Nature), sur la réalité non-ordinaire du monde (Jeune fille de l'eau), et qui prochainement approchera des personnages mythiques aux pouvoirs sacrés (Avatar, le dernier maitre de l'air; on est en plein dans de la tradition ancienne).

Ainsi peut-être que Phénomènes traduit la cassure actuelle des hommes par rapport à la Nature, des hommes trop satisfaits d'un matérialisme pour percevoir la subtilité volatile du monde. Peut-être ?

Les Clichés des Forums Français de Cinéma

Au cours de mes discrètes escapades forumiques, j'ai commencé à remarqué l'existence de plusieurs types de lecteurs qu'on retrouve partout à chaque fois. A défaut d'un traité sociologique poussé, l'humble contribution de votre hote :

Déçu par la situation dramatique du cinéma, il démontre les incohérences des gros films. Dernièrement, il a vu un problème situé à la 12ème sec de la 7ème min de Terminator Renaissance, plan totalement trafiqué qui prouve bel et bien la manipulation pratiquée par les grands studios américains pour asservir le spectateur naïf et lui vendre de la MERDE (de la merde quoi !!!).

Il attend toujours avec impatience les annonces d'adaptation hollywoodienne de comics, pour pouvoir constater la médiocrité du travail. Dès les 1ères images de Iron Man, il savait. Hollywood a trahi Iron Man, en plus de faire de la pub pour des constructeurs automobiles, Hollywood n'a pas respecté la couleur du costume tel qu'on pouvait le voir dans le numéro XX paru en 19XX, le meilleur jamais édité.

On ne ment pas au Fan hardcore, il voit tout (et indirectement, il est le meilleur outil marketing jamais imaginé par l'industrie)

Il erre dans les forums à la recherche de personnes ayant vu les mêmes films que lui. Des films inconnus, invisibles et rares, qu'ils soient d'Asie ou de République Tchèque.

Il est souvent le seul à les avoir vu. Il essaye de partager sa joie avec les autres. Comme pour ce film allemand underground des années 70 tourné dans le noir et sans budget, il avait posté les plus belles images du film, expliquer l'intérêt du film, sa profonde rage. Mais c'est un flop, comme toujours. Il fait peur à tout le monde. Et la seule réponse qu'il aura c'est : "'j'ai été une fois en Allemagne, c'est cool mais putain que c'est moche".

En effet, être seul et impopulaire, c'est très moche.

Il emmerde le cinéma moderne et tous les moutons qui vont voir les films à l'affiche. C'est un rebelle, il fait dans le subversif parce que les moutons vont voir les films à l'affiche, et lui, il est différent et il le fait savoir en permanence.

C'est un rebelle, un mec intelligent qui comprend pas trop ce qu'il regarde mais comme il y a des moutons qui vont voir les films à l'affiche, il les emmerde. En ce moment, il s'acharne à démolir tous les beaufs qui ont été voir Bienvenue chez les Ch'tis, tous ces gens qui suivent la mode sans jamais la comprendre.

Lui, il ira pas le voir, mais il en parle parce qu'il a vu la bande-annonce et lu toutes les critiques du film disponibles sur internet. C'est son devoir de s'opposer au consensus. Mais lors de la diffusion TV, un dimanche soir, il regardera le film histoire de. Pas par envie hein, mais la fatigue, la chaleur... bref quoi... Au final, c'est surtout le roi des courants d'air (mais populaire pour ses avis subversifs, il y a toujours quelqu'un pour rebondir.)

Nuance : Le rebelle parisien, qui trouve des qualités imaginaires à la pire merde pour promouvoir sa différence et son bon goût, à contre-courant de tous. Ce que vous n'aimez pas, et n'aimerez jamais, lui il l'idolâtre (selon certaines sources, c'est un synonyme de "critique").

Il n'ose pas vraiment se qualifier de cinéphile, il est trop modeste, cinéphile est un mot important, qui se mérite dit-il. Il est plus honnête, et préfère se qualifier de grand passionné du cinématographe, une expression bien plus humble surtout.

Alors à chaque débat, il se sent obligé de tout compliquer :
d'un "Aimez-vous ce film ?", il vous dira "Est-ce que aimer le cinéma est possible ?", "Est-ce que le cinéma existe d'ailleurs ?"... Mais jamais il ne vous dira s'il a aimé ce film, car après tout, qu'est-ce qu'un film ? De toute manière, il sait que le cinéma est mort comme avait pu l'écrire l'un des critiques réputés des Casiers du Cinéma dans le numéro d'octobre 1970.

Alors il essaye de se consoler, et veut croire à la nouvelle génération d'hauteurs argentins qui semblent capables de capter les mouvements du réels (enfin bordel !!!), de montrer la crise de la démocratie et les failles sociales en filmant seulement un mur recouvert de merde. Dire qu'il y a des gens qui OSENT rigoler devant ce genre de films ! C'est vraiment le règne de la débilité décadente (parce qu'il faut bien un peu de condescendance).

La plupart du temps, c'est un adolescent de 25 ans qui écrit comme un enfant de 10 ans. Il essaye de s'intégrer et d'exhiber à tous son bon goût pour les films réputés. Parfois même, il ose prendre des risques, et avouer son mépris pour un réalisateur adoré par tous.

Il veut prouver à tous qu'il a une grande connaissance du cinéma et une personnalité forte avec des arguments, des idées... et le style inimitable d'un enfant de 10 ans. Il change aussi d'opinion toutes les 2 lignes et n'hésite pas à reprendre à son compte les mots du précédent posteur, sans vraiment les comprendre.

Nuance : Le Bouffon clown, plus malin il repère avec humour les incohérences et débilités des films, il a une petite maîtrise de Photoshop (ou de Paint) qui lui permet de proposer des images toujours marrantes, ou presque.

Espère rare limitée à 2/3 exemplaires par forum. Quand le Sage parle, tout le monde écoute et médite ses paroles. Le Sage est celui qui apporte toujours un nouveau point de vue, complet, intéressant et pertinent même à un sujet de 500 pages sur la place des morpions dans le cinéma Américain. Il n'y a que les nouveaux ou les rebelles pour essayer de le contredire, en vain. Tout le monde préfère attendre la prochaine intervention du Sage.

Et quand un sujet s'enfonce trop, certains commencent à prier pour l'intervention du Sage "s'il te plaît, illumine-nous de ta connaissance céleste, explique nous pourquoi Terminator Renaissance est bien, s'il te plaît Sage, s'il te plaît !". Mais comme souvent, malgré une intervention intéressante et précise du Sage, le sujet retombera vite dans sa médiocrité de base ("hé bah dis donc, il est pas top ce film hein ! 1,75/6").

Puis le Sage s'éclipse... jusqu'à la prochaine fois ?

... Et bien sûr, 90% de lecteurs muets anonymes !

dimanche 28 juin 2009

The Office

Découverte de la série The Office, d'abord la version anglaise avec Ricky Gervais, puis l'adaptation américaine avec Steve Carell. Et putain, la différence du traitement est juste phénoménale !

The Office c'est un concept simple, une équipe de TV suit la vie quotidienne d'un bureau d'une entreprise oeuvrant dans le papier. Sur un mode humoristique. Le bureau est supervisé par un boss délirant/chiant que doivent supporter les employés, pour le meilleur et pour le pire.

Un concept simple abordé de façon différente :

The Office chez les british
Le boss est arrogant, lourd, pesant, comédien raté qui fait tout pour se faire remarquer par la caméra. Il méprise ses employés. Le cadre de travail est morose, les employés se font chier, ils sont bloqués dans une situation de merde sans issue. C'est pourquoi dans les moments autres, ils regardent la caméra comme pour mieux nous prendre à témoin. Très marrant, enfin, pour nous.

The Office in America
Le boss aime ses employés, il est maladroit, lourd mais essaye d'être un entertainer parce qu'il aime ses employés. Au mieux, la caméra lui permet d'afficher plus clairement son statut de boss entertainer cherchant toujours à apporter de la convivialité au bureau. Qu'il considère comme une famille. Et parfois, derrière sa bouffonnerie, ses maladresses et erreurs, il révèle son humanité sincère via des dialogues surprenants. Les employés aiment plus ou moins cette situation, le regard caméra n'est pas une issue.

D'un côté l'arrogance européenne, de l'autre le spectacle américain. Excellent dans les 2 cas.

La question du jour #1

Dans Transformers 2, voit-on des robots géants jouer à la marelle ou à 1-2-3 soleil ?

Parce qu'après la partie de cache-cache-LOL du 1er, j'en attends pas moins.

samedi 27 juin 2009

Le Zombie Bourgeois

Le zombie fait parti de ces créatures monstrueuses qui pendant plusieurs décennies ont été dénigré et méprisé par un certain public adepte d'art. Depuis quelques temps, la tendance s'inverse. Le zombie est devenu noble et recommandable.

Parce qu'il a été interprété comme une icone subversive critiquant la société capitaliste... Il aura donc suffit d'y poser une explication critique pour qu'enfin le monstre devienne acceptable, regardable sans honte (Romero peut remercier les critiques).

Ce n'est plus en sa qualité de monstre capable d'horrifier une audience qu'on aime le zomblard, mais pour une symbolique secondaire qui satisfait la partie intellectuelle du consommateur.

Par ex, L'armée des morts avait donc l'audace de mélanger ces 2 facettes, offrir un spectacle (dénué d'enjeux et d'intérêts) tout faisant du plaçement de produits.

vendredi 26 juin 2009

La Conspiration des ténèbres #1

Après découverte de cet article, j'ai été me procurer directement le livre La Conspiration des ténèbres, la quête d'un cinéphile américain cherchant à comprendre le mystère d'un film étrange. Par extension, le roman aborde une partie de l'histoire du cinéma du XXè siècle avec les courants de pensées...

Vu l'épaisseur du livre, je rassemble mes notes ici. Spoilers alerte donc !

  • Comme si de rien n'était, l'auteur dissimule beaucoup de références à la mythologie/religion, manière de préparer le terrain d'une quête interrogeant l'Art Cinématographique en lui-même ?
  • 1ère page, la salle de cinéma : "C'était un peu comme découvrir le Christ dans les catacombes bien avant que la croix et les Évangiles deviennent la lumière du monde"
  • Discussion avec Sharkey à propos des projecteurs (p.61) :
    "(...) ces mécanismes ont une histoire. Ça fait une différence. Tu sais ce qu'on dit pour un Stradivarius : le bois a de la mémoire. Eh bien, le métal a ses souvenirs aussi, crois-moi"
    = attribuer de l'esprit à de la matière, c'est intéréssant.
  • Quand ils parlent des projecteurs et de la source lumineuse sans quoi le cinéma n'existerait pas : "Il y a un djinn en colère là-dedans (...)". L'origine du cinéma expliquée via une référence mythologique, un feu éternel ?
  • Le passage sur le zootrope, les images animées et la pression religieuse de l'époque qui voyait d'un très mauvais oeil l'animation. Le rapprochement entre cinéma et magie noire, c'est-à-dire quelque chose d'occulte, de mystérieux qui dépasse un simple cadre humain. Avec un passif historique remontant à "l'Egypte" et aux Templiers (la croix de malte).
  • Et en face, forcément, il y a un refus d'entendre cette approche mystérieuse du cinéma pour celle considérant l'art comme analyse théorique & intellectuelle.

La violence gratuite c'est pas bien

S'il y a bien un débat facile et lassant qui inspire depuis des années des médias consensuels et quelques autres bien-pensants, c'est celui de la violence gratuite.

Quoi de plus absurde qu'une expression rejetant la violence si elle n'est pas légitime (ou payante ?), si elle ne sert pas quelque chose. Ce qui n'est qu'une façon de tourner autour d'un éventuel problème pour mieux éviter de parler de la violence en elle-même. L'hypocrisie par excellence.

La violence gratuite permet donc aux âmes consensuelles de bannir d'entrée l'intérêt possible d'une histoire, de la possible richesse de son propos, pouvant questionner aussi bien l'homme que la société en générale. La violence gratuite catalyse les esprits sur un seul point sans les amener à considérer le reste.

Comme dirait l'autre poète, l'homme construit son système sur le voyant sans tenir compte de tout ce qu'il ne voit pas. Et c'est peut-être à ce niveau-là que l'on trouve la violence la plus insipide, perverse et vicieuse. Celle qui ne se montre pas aux yeux du spectateurs, et profitent de son attention pour lui transmettre une information qu'il intègrera comme pure réalité.

Cette violence là, c'est celle des médias qui construisent jour après jour un présent plus ou moins édulcoré, avec raccourcis, tournures de phrases + images. Cette violence c'est celle des polémiques bidons qui rythment l'actualité où l'on offre de quoi permettre aux citoyens d'avoir un avis, d'exister... et de recommencer tout le lendemain avec oubli progressif.

Cette violence là ne choque pas. Et elle est vraiment gratuite. Elle abuse de votre temps.

jeudi 25 juin 2009

The Box (2009): 3615 Pitch 2 Merde

La grande joie des communautés cinéphiles réside dans la découverte des B.A de ces films que l'on attend avec impatience ou non. Les réactions sont violentes et impitoyables, ils savent quand un film sera bon ou à chier d'après quelques secondes d'images montées de façon accrocheuse.

Aujourd'hui, c'était le tour de The Box, nouveau film du réalisateur de Donnie Darko. La curiosité de nos amis cinéphiles en action ressemblait à ça :
Mouais, le pitch c'est un peu le degré zéro d'intérêt mais j'ai envie de voir ce que peux faire Richard Kelly dans le cadre d'un film un peu plus carré et simple.

[...]

Mais... c'est complètement con ?

Devons-nous rappeler que le pitch de The Box est inspiré d'une nouvelle écrite par l'auteur de Je suis une légende ? L'histoire d'un couple de banlieusards américain à qui l'on propose un beau matin, une étrange boite avec un bouton. Problème, s'ils appuient sur le bouton ils deviendront riches mais... ça tuera quelqu'un dans le monde qu'ils ne connaissent pas. Dilemme.

C'est-à-dire que ce simple pitch "con" a tout pour délivrer un formidable thriller questionnant aussi bien les rapports humains (via le couple) que les instincts primaires de l'homme (le désir vs la morale vs l'autre), et par extension, des conséquences d'une décision à l'échelle du monde.

Effectivement, rien que sur le papier, c'est le "degré zéro d'intérêt". Bravo.

Joseph Campbell: Faux Prophète ?

Vous avez tous au moins un film influencé par le travail de Joseph Campbell, de Star Wars à Nemo. Des films reprenant la théorie du monomythe pour construire le cheminement éternel et universel du Héros (pour une fin juin, ça fait très sérieux comme sujet, je sais). Non seulement cette théorie est passionnante, offrant un nouveau regard sur notre monde, mais en plus Campbell transmet ses idées avec facilité et amour.

Je me suis donc demandé ce qu'on pouvait reproché à Campbell après avoir trouvé sur un forum un article hargneux d'un fanboy américain dégouté du succès de Campbell et Star Wars au détriment de la véritable true-hardcore science fiction du XXè.

Donc par exemple :

# Le monomythe est une théorie

Parce que le travail de Campbell fait référence, il a tendance à devenir paroles d'évangile (ironique ?). Pourtant, s'il offre des pistes intéressantes, le tout reste une théorie du XXè appliquée à des textes ancestraux (-VIe avant J.C au max). Une théorie elle-même influencée par la psychanalyse.

C'est-à-dire que l'on explique le symbolisme des textes par le prisme d'un raisonnement fondé et limité selon des critères bien définis. Les symboles sont teintés d'une théorie. Ce qui au final, réduit l'interprétation (vive la redondance), et passe à côté de certaines informations (dans son Guide du scénariste, Vogler y résume la théorie de Campbell en précisant qu'il ne s'agit pas d'une recette de cuisine, qu'il faut la laisser venir : l'analyse et/ou l'explication n'ont aucun effet dans ce processus presque magique, voire même, mystique. Intéressant, non ?).

Je me demande comment faisaient les peuples anciens pour comprendre parfaitement des textes sans le besoin d'une théorie ? Cette idée est un peu frustrante pour l'égo de l'homme du XX/XXIe siècle que je suis, trop ancré dans une société matérialiste qu'il lui faut sa matière intellectuelle pour commencer à accepter l'idée de percevoir autre chose.

Quoi d'autres mes amis ?

dimanche 21 juin 2009

Séraphine, l'Artiste

Mais que t'arrive-t'il Bob ? Deux bons films français à la suite, c'est possible ? Oui.

Dans Séraphine, le côté biographique est moins intéressant (je pense) que la représentation d'une Artiste femme de ménage pas très maligne. Si j'utilise la majuscule à Artiste, c'est pour faire la différence avec la vision télévisuelle du mot où l'artiste est un produit commercial à succès qui aime se faire flatter l'égo.

Séraphine, l'Artiste, possède ce truc irrationnel qui fait d'elle une sorte de médiateur entre les hommes et l'Univers. Sa peinture dépasse la raison humaine pour traduire quelque chose d'autre, que certains définissent comme universel. Pas étonnant que la femme était en communion avec la nature, et qui sait si elle était vraiment folle (le plan final du film est troublant d'ailleurs).

C'est encore plus flagrant sur cette peinture :

Par hasard, j'ai appris que ce tableau s'appelle "L'Arbre de vie".
Ce qui est encore plus étrange car à première vue, c'est une sorte de plante géante et colorée qui n'a rien de spécial, à part des formes amusantes. Sauf que dans les faits, c'est une réprésentation symbolique de l'Univers (vous devez vous souvenir de la boursuflure The Foutain qui traite du même sujet, le pompeux et la louuurrdeeeurrr en plus).

Bon, c'est qu'une peinture en même temps. C'est pas comme si ça transparaissait clairement aux détours de plusieurs scènes du film sans jamais éveiller l'attention du spectateur :

Et s'il y a ici quelques ardents haineux du cinémâ d'ôteur français vomissant allègrement ce film césarisé, alors peut-être, peut-être, qu'ils seront heureux d'apprendre que ce genre de plan se retrouve même dans des grands et gros mélodrames de l'âge d'or hollywoodien (j'imagine qu'il y aura encore certains pour vomir ça, donc reportez-vous à la bouse d'Aronofsky) :

Add: Décidément, le hasard m'amène à rajouter un autre exemple provenant du très récent blockbuster hollywoodien Knowing d'Alex Proyas dont le titre révèle un peu pas mal les ambitions Artistiques (puisqu'il est question de Connaissance). Le plan est juste alourdi par la présence de cristaux et d'enfants courant dans un printemps éternel (au moins, c'est clair) :

L'intro de Pour Elle: Du Cinéma en France !

En ce beau jour d'été, il me faut partager avec vous ma joie d'avoir vu un bon film français. Comme je l'ai dans ce défouloir critique, l'intro donne le ton.

Les crédits apparaissent, du blanc sur fond noir, on peut entendre que quelque chose se passe, on entend une respiration inquiétante d'un blessé (?), une porte qui claque. Mais que se passe-t-il ? Rappelez-vous, on ne connait rien du tout.

Puis on découvre ça :

Vu de dos; un homme vient de rentrer dans sa voiture, quelqu'un de blessé sur la banquette arrière (la respiration). Il démarre très vite sa voiture, on découvre une trace de sang sur sa main. Il opère une marche arrière, on découvre son visage. Il est très paniqué.

A retenir: le perso est décentré, la vitre est floue-très lumineuse, les coupes sont sèches, il fait marche arrière, il y a un blessé anonyme.

Questions: Que se passe-t-il ? Qui est cet homme ? Que vient-il de faire ? Pourquoi s'échappe-t-il ? Pourquoi il y a du sang ? Pourquoi il a fait quelque chose de grave ? ...

Coupe crédit: VINCENT LINDON

Ensuite, la voiture sort de son impasse, elle avançe. Toujours de dos, l'homme paniqué regarde plusieurs fois la banquette arrière, on entend toujours un bruit d'agonisant.

A retenir: L'action repart de l'avant, le perso se recentre, la vitre est toujours floue, on entend encore le blessé, la panique est toujours présente.

Questions: Que va-t-il faire ? Qui est le blessé ? Pourquoi ?

Coupe crédit: DIANA KRUGER

La conduite rapide et brusque, l'homme se dépêche d'aller quelque part.

A retenir: Le perso est plus que jamais dans l'incertitude, dans le flou.

Questions: Que cherche-t-il à faire ? Qu'a-t-il fait ?

Coupe crédits/

Toujours en train d'avancer, l'homme continue frénétiquement de regarder la banquette arrière.

A retenir: L'inquiétude du perso, essaye de garder le contrôle d'une situation qui lui échappe.

Questions: Qu'a-t-il fait ?

Coupe crédits/

Je rassemble les 2 derniers plans (qui sont intercoupés par du crédit), parce que l'action s'éternise, plus l'homme avançe, plus la respiration du blessé s'empire. Jusqu'au dernier soupire qui arrête net la voiture. L'homme se retourne, tout s'est calmé et pourtant, la situation est dramatique. Son regard est insistant et désespéré, son souffle inquiétude se fait entendre. il vient de franchir une limite.

Questions; Pourquoi a-t-il fait ça ? Tout simplement:


Ce que l'on voit durant cette intro, au niveau narratif :
  • Une situation dramatique
  • Un homme vient de commettre quelque chose, il a du sang sur la main
  • Il transporte un blessé (respiration agonisante)
  • Il n'est clairement pas habitué à ce genre de situation (sa peur, ses regards vers l'arrière)
  • Autant d'indices pour nous faire poser tout un tas de questions.
Au niveau mise en scène :
  • Diminution progressive du rythme, de 4 plans on passe à 1 plan, ce qui enferme l'homme face à son action, à la gravité (supposée) de la situation. Il est seule face à lui-même.
  • La caméra posée sur la banquette arrière, renforce l'état du conducteur, il a beau être dans une voiture, il est écrasé et ne peut ni fuir, ni aider. Il doit assumer son action.
  • Importance accordée aux sons; la respiration, les crissements de pneus, les klaxons... Tout ça participe complètement à donner des infos sur l'ambiance de la situation.
Vous allez me dire qu'il n'y a rien d'extraordinaire, et pourtant, j'y vois là un modèle précis et riguoureux de cinéma où le réalisateur utilise son matériel pour mettre en route son histoire sans nous laisser sur le côté (voir la double utilité de l'écran titre).

Pour un film français, ça fait plaisir à voir.

Pour Elle (2008) : Du Rififi à Paname

Aujourd'hui j'ai vu le film français Pour Elle (2008) :

# Parce que c'est un film français, parce que l'affiche est moche, je partais avec un préjugé négatif.

# Mais dès l'intro, on se retrouve projeté dans un moment d'action suffisamment vague pour nous accrocher en nous faisant poser tout un tas de questions sur le pourquoi du comment du pourquoi. Ca, c'est seulement en quelques plans. Quelques plans. Balèze.

# Une mère de famille se fait arrêter un beau matin, et écope de 20 ans. Son mari veut tout faire pour la sauver de la prison. L'idée c'est donc, jusqu'où est-il prêt à aller par amour. Pas de pathos à l'horizon, mais le cheminement violent d'un homme malade d'amour.

# Imaginez un film de braquage où tout doit être pensé, prévu, analysé. Sauf qu'on remplace les gangsters cools par un prof de français, seul et à bout. Un mec qui se découvre un autre visage.

# Putain et en plus c'est crédible. Même si je sais que certains vont se faire un plaisir de critiquer le truc pour ses ficelles à base de "et comme par hasard".

# Le réa parvient à maintenir une tension, en jouant autant sur la situation risquée et ses conséquences, que sur la nécéssité de cet acte désespéré par amour. Pour une fois que la narration et la mise en scène s'unissent, le hasard des cyniques fait office de détails.

# Par contre, il y a quelques lourdeurs, genre les flashbacks sur le faux crime de la femme qui l'innocente (une technique pour nous convaincre ? pourquoi pas garder l'ambiguité directement ?), les voix-off qui reviennent appuyer ce qu'on voit à l'écran...

PS: Si j'ai l'envie, je reviendrai sur 1 ou 2 scènes. De toute façon, à quelques détails près, le film possède une narration carrée solidement accompagnée par la mise en scène. C'est pas révolutionnaire, mais voir ça dans du film français (je veux dire voir du Cinéma), c'est suffisamment rare pour être remarqué.

La Bob Note : Le film français de 2008/10

vendredi 19 juin 2009

Tsukamoto, clipper malgré lui ?

Alors que je m'en allais voir les nouveautés du jour du blogathon, cet article sur Shinya Tsukamoto a éveillé mon intérêt. Dans les commentaires, un internaute parle des films de Tsukamoto en ces termes : "Puant, pubesque, et ne tenant JAMAIS la longueur". Voilà qu'un autre internaute arrive pour s'éléver contre l'utilisation abusive et absurde de ces termes !

Cher lecteur, ce n'est pas le 1er avis qui m'intéresse ici, mais bien plus la réaction chevaleresque de notre sauveur romanesque et sa tentative de démonter le terme "pubesque". J'ai essayé de répondre directement sur ce blog, mais impossible (blogger, excuse-moi de mon spam éventuel). C'est donc ici même que je livre ma réponse !

Tout d'abord, il nous faut découvrir avec surprise cette courte vidéo :



Clipesque/Pubesque ça, tu meurs !?

Cette vidéo marque la rencontre entre 2 icônes d'une "contre-culture"; Tsukamoto et MTV. Le mot important ici est "contre-culture". C'est-à-dire des icônes dynamitant les habitudes de la société d'époque. Icônes qui s'imposeront rapidement comme des références.

Il serait donc possible qu'à l'origine l'aspect pubesque/clipesque allait "à l’encontre du monde aseptisé et/ou cotonneux de la publicité" (par extension de la société de consommation), qu'il était une véritable marque d'affirmation d'un renouveau, d'une rebellion.

Mais depuis, le cinéphile lacanien s'est habitué à retrouver ces effets clipesques dans son quotidien, dans la publicité comme les films (Bourne, BEURK). Des effets permettant juste de dynamiser les images (difficile de regarder un clip de zik sans vomir), et non plus de les dynamiter.

Une évolution du terme qui me rappelle furieusement cet article !

Add : Finalement, mon commentaire a été publié, comme j'en ai profité pour développer un peu plus l'idée via ce post, je le laisse. Ca peut toujours interesser !

Profession : Critique sur Forums Ciné

Au détour d'un forum, je suis tombé sur une discussion :
"The deer hunter" tu pourras pas contredire le fait qu'il est très long (encore ça c'est pas le problème mais les séquences sont trop étirées), très lourd à regarder tellement tout est sous silence. Je ne dis pas que c'est nul, sans talent etc...je dis juste que c'est pour moi loin d'être un chef d'oeuvre et oui je trouve que les persos sont pas développés du tout.

La roulette russe n'est pas quelque chose d'insignifiant dans le film au contraire : déjà parce qu'on s'en tape souvent et ensuite parce que ça montre quand même bien la situation mentale de Walken.
J'adore la précision masquant légèrement l'arrogance de son auteur, fier d'avoir un avis pour épater ses camarades tout en alignant maladroitement les trucs qui lui viennent à l'esprit.

Il sera en effet difficile de contredire la durée de Voyage au bout de l'enfer, car que ça vous plaise ou non, le film dure 3 heures. C'est un fait, c'est comme ça. C'est la pertinence de l'argument critique à son sommet.

Et si les séquences sont étirées, que tout se passe sous silence (mais que fait Michael Bay ?), c'est peut-être pour mieux laisser les personnages exister au sein des différentes situations ? Avec tous les problèmes, les émotions... que ça peut sous-entendre ?

Mais ça n'intéresse pas notre honorable Gaudart qui préfère appuyer son sentiment personnel "pour moi c'est loin d'être un chef d'oeuvre" après nous avoir dégueuler de longues justifications barbantes et débilisantes.

Le plus gros de l'horreur reste pourtant à venir. Lorsque notre baveux critique chie un bloc incohérent et incompréhensible, comme incapable d'aligner une phrase claire et évidente. Son argumentation se perd dans du n'importe quoi, du grand flou artistique comblant un peu d'espace à défaut d'être intéressant. Il ne sait plus ce qu'il doit dire, il essaye mais échoue lamentablement à redorer son honneur de petit malin.

Il suffit parfois de tomber sur ce genre d'incommensurable merde pour regagner un peu de joie.

jeudi 18 juin 2009

Brazil aime Les Trois Royaumes. Et alors ?

Brazil, un magazine français de cinéma que je connaissais pas (gros choc, il y a des gens qui lisent encore des mag, voilà un sujet parfait pour Home 2), proposait une critique lolante du Trois Royaumes de John Woo, à coup de "Qui dit Chinois, dit aussi naïveté" qui nous rappelle la bonne vieille france du Général.

Combien de personne avait remarqué cette critique d'arrière garde avant que le webzine L'Ouvreuse décide d'en dévoiler l'imbécilité condescendante évidente à travers cet article ?

Pointer du doigt les jugements absurdes de critiques français, c'est intéressant, souvent marrant... mais pourquoi ne pas viser directement les jugements tout court en décryptant le film en lui-même ? Soit s'intéresser au matériel et non aux interprétations d'anonymes sagouins ?

Cette réaction n'est-elle pas une sorte d'effet Streisand ? Mettre en valeur le (mauvais) travail d'un journaliste au détriment de la qualité du film ?

J'aurai aimé en connaître plus sur Les Trois Royaumes, au final, je sais juste qu'un mag rebelz-lol nommé Brazil existe et est lu en France. Wow.

mercredi 17 juin 2009

Blogger Cherche AVP Transformers 2! URGENT! LOL

Je dois avouer, je suis déçu.
J'ai pas été convié aux avant-premières du moment, pas de Transformers 2 et son contrat de confidentialité jusqu'au 16 Juin, ni sa conférence de presse avec Megan "pron face" Fox, pas de Very Bad Trip et ses 70€ offerts par Pathé, pas de Tellement Formidables cette comédie française adorée par tous les présentateurs TV...

Avec tout ça, j'ai du me demander, quelle est mon utilité ? Pourquoi j'ai pas le droit d'avoir des dvds. On offre bien des cacahuètes aux singes dans les zoos. Pourquoi pas moi ?

Peut-être parce qu'avant de mettre une passion au service de distributeurs uber-sympathiques ("on est potes"), de promouvoir avec insistance une actualité fôrmidâble ("images exclusives sur le set de...") et d'avoir cette sensation d'être un vip chik, le blogger peut aller puiser dans les 100 ans d'archives du cinéma pour partager avec son lectorat des découvertes. Vous savez ce truc visant à apprendre et non pas à satisfaire l'insatisfaction du consommateur.

Le cynisme de l'actualité appelle plus facilement les trompettes du succès que l'humble oeuvre artisanale d'un anonyme passionné qui découvrira honteusement Transformers 2 via un rip.

Elle est pas belle la vie ?

mardi 16 juin 2009

Ong Bak 2: Thaïlande Bessonienne

Ong Bak, c'était le 1er film thaïlandais que je voyais entièrement sonorisé par des rappeurs français. Le genre de souvenir inoubliable qui me faisait attendre énormément de Ong Bak 2, une fausse suite grosse démo technique.

Heureusement, Europa Corp se charge de la sortie française le mois prochain, mais... mais, nous pouvons oublier les hits skyrock et le remontage bessonien. Ong bak 2 garde sa durée originale malgré ses pertes de rythme horribles (avec ses enjeux servant de prétexte à une histoire pour de vrai).

Par contre, le bonus, c'est qu'il te suffira de voir la bande annonce française pour éviter d'avoir à te déplacer en salle, au où cas l'aventure te tenterait. C'est un best of des scènes d'action, légèrement amoché par des effets de montage laids, mais le coeur du film y est :



Allez plus sérieusement, découvrez l'affiche française qui déchire kan m bi1 sa rass. La beauté inédite de cette affiche méritait bien une comparaison avec ses ancêtres :


Après Ong Bak 2 : La Naissance du Dragon, vivement Ong Bak 3 : La Fureur du Dragon... Qui sera un hommage direct et volontaire à Bruce Lee.

Le geek, c'est cheek

Pardonne-moi d'avance cher lecteur de t'infliger pareille image !

Alors que les médias français découvrent peu à peu 10 ans après tout le monde l'existence d'un truc nommé geek, certains décident de leur consacrer des émissions TV. Il faut croire que ces zonards malfamés forniquant avec délectation une poupée gonflable jpgisée représenteraient finalement une part d'audience hype ? Ou plutôt, car "en chacun de nous sommeille un GEEK" !

Dès le 19 Juillet prochain, tu pourras découvrir une nouvelle émission brisant les préjugés infâmes sur ces nouveaux bobos modernes, une émission dont le but principal est de présenter avec humour une certaine culture populaire. Cette émission s'appelle GEEKDOM (trailer inside).

Alors, heureux ?

Ce que je déteste dans le cinéma japonais

Le cinéma japonais c'est devenu depuis quelques années une sorte de référence intouchable entre les adorateurs de vieilleries glauques uber-underground et les kawaii-ens qui encensent tout ce qui ressemble de près ou de loin à de la merde (colorée avec des ramens, c'est exotique).

Mais prenons un peu de recul pour voir ces trucs laids composant le cinéma japonais:

N°1 : Les comédies romantiques/dramatiques

C'est un syndrome magnifique, l'histoire d'une rencontre incroyable où 2 âmes se croisent le matin par hasard sans savoir qu'ils vont vivre un amour difficile mais merveilleux. Deux lignes pour résumé un concept chiant comme la mort, souvent adapté d'histoires publiées sur le net, sans enjeux avec du pathos et du misérabilisme. Au choix.

N°2 : Les bandes originales

Les hits japonais pop-rock-dance-techno du moment composent avec subtilité une majorité de produits cinématographiques au Japon. Ils sont capables de ruiner l'ambiance d'un film pour imposer un de ces hits laids en bande son. Et après, certains gueulent après les remontages douteux d'un Besson et de son amour du hip hop mariannais.

N°3 : Les Idoles-Mannequins

A quoi sert un film sinon à promouvoir la beauté, l'élégance, le grain de peau de ces starlettes que vous pouvez déjà voir partout ailleurs. Les meilleures utilisations de ces produits humains sont dans des comédies romantiques où l'espace d'1h30, le consommateur frustré croit que son idole est un peu comme lui et qu'il pourrait lui faire des trucs plus cools que d'engluer son clavier.

N°4 : Le film tranche de vie

Tous les réalisateurs japonais se réclament de Ozu, c'est pourquoi à l'inverse du vieux maître, tous font dans la facilité en suivant des histoires tranches de vie durant lesquelles il n'y a rien à voir. C'est la subtilité et l'exotisme de ces films, batîr 1h30 sur du vide conceptuel "Le Japon c profon!"

Article publié à l'occaz du blogathon cinéma japonais

dimanche 14 juin 2009

Démineurs (2009): Le film de l'année !

C'est fait, The Hurt Locker, l'un des meilleurs films de 2009, ne sortira finalement pas dans les salles françaises cet été. Comme l'an dernier avec Red Belt, ce sera un direct en vidéo anonyme...

Si beaucoup de films américains se sont intéressés rapidement à la guerre en Irak, la plupart ont sombré dans une dénonciation moralisante assez emmerdante. Rappelez-vous de cette merde !

Avec The Hurt Locker, oubliez la leçon de morale ou la prise de conscience politique, visez plus l'immersion totale au coeur de la guerre, en suivant les missions d'une équipe de déminage. Situations tendues, environnement hostile, les démineurs sont dans un état d'incertitude permanent où tout peut pêter à chaque instant. Que ce soit les bombes, ou d'éventuelles attaques surprises. Impossible de savoir si les passants sont juste curieux ou s'ils vont attaquer. Stressant.

Et à travers ces situations extremement tendues mises en place soigneusement par la caméra à l'épaule (voyez cet article), le film montre la face auto-destructrice de l'humain, de son addiction à la guerre, aux situations dangereuses. Ces moments instables où un rien peut tout sauver, où l'excitation se confond à la peur.

Derrière l'homme, il y a surtout la face du soldat incapable de vivre autre chose que l'action pure, un être totalement inadapté au quotidien de la vie civile et de ses responsabilités.

Serait-il possible qu'en plaçant juste la tension au coeur du film, The Hurt Locker parle aussi d'une société américaine qui prisonnière d'elle-même recherche desespérement de nouveaux moyens d'exister, de se renouveller à chaque instant ? Ceci sans déblaterer un discours politique consensuel ou faire la morale aux spectateurs ? Mais en passant juste par une tension primaire ? Ce serait possible ?

Oui.

La Science Fiction Française, mon général !

J'ai testé pour vous la science fiction française.

Après Eden Log, Dante 01 est un autre ratage qui pêche par excès de symbolisme. L'avantage cette fois-ci, c'est qu'on évite les 10 000 "argh" et qu'on arrive à voir plus 10% de l'image. Mais ça reste coincé du cul, des symboles bien affichés partout histoire de bien nous faire comprendre qu'il y a un sens mystico-philosophiquo-intellectualo-complexe caché dans cette histoire. On fait de la science fiction ou on n'en fait pas !

Sans exagéreration aucune, la finesse du film, c'est ça :
TU ES ST GEORGES, TU AS UN TATOUAGE SYMBOLIQUE AVEC UN DRAGON ET MOI... LUI C'EST LAZARE EN PLUS IL PREND DES BAINS BIZARRES !!!!
Au lieu d'inviter les spectateurs à réfléchir sur ces symboles, Caro préfère les affiche clairement sans nuance. Pourquoi chercher à les faire exister à l'image, ou à définir un univers cohérent. Là, c'est juste une débauche de symbolismes pompeux genre jai-tout-capté-à-la-science-fiction-les-symboles-font-le-film. Alors puisqu'on a les symboles pourquoi essayé de les organiser pour raconter une histoire, non c'est bon ils prédominent sur tout, ils SONT le film. Bah non.

Dans l'état c'est juste ultra lourd. Parce qu'avant d'être Saint Georges, peut-être que le personnage pourrait essayer d'être un homme, avec des sentiments, des émotions... Exister déjà par rapport à son humanité (comme vous et moi quoi), et non être d'emblée le symbole réunificateur de l'univers qui passe son temps à vomir, à bégayer "La... La... Lum... ière" et à manger des trucs en latex degueu ("le mal humain"). Quitte à adopter un symbolisme pareil autant le fondre dans l'anodin, comme les récits traditionnels ?

Comme c'est la science fiction, il y Au final, aune obligation de faire un film très 1er degré parce que ça doit être métaphysique. Comme les mecs comprennent qu'à moitié les symboles qu'ils manipulent, ça devient plus de la grosse branlette qu'une experience cinéma. Ah ! et ces dernières 5 minutes psychédéliques de Dante 01 avec un plan final à la 2001, c'est tellement... vain ?

Un symbolisme bien intégré ça donne L'Échelle de Jacob. Même si le titre est une référence évidente, le film met en scène toutes les "images clées" de façon à les rendre anodines (Enfer = Vietnam). Inutile d'appuyer lourdement sur ses symboles/références pour raconter une histoire. Bon, c'est aussi une question d'ingéniosité et de crédibilité (vous en connaissez beaucoup aujourd'hui des gens qui s'appellent Saint Georges ou Perséphone).

Une nuance qui change tout, car le film se fait cataloguer comme "film effrayant", pas comme une oeuvre bourrée de symbolismes métaphysiques lourdingues.

samedi 13 juin 2009

Les reves d'enfants pour les nuls #2

La comédie Frangin malgré eux part sur de mauvaises bases, un titre français neuneu, une citation d'ouverture qui sent bon le patriotisme... Rien de quoi rassurer le spectateur sur la qualité (excellente) de cette comédie. "Encore un truc con, stupide et lourdingue". Non.

C'est quoi le rapport entre ce film et les rêves d'enfants ? Hé bien, contrairement aux préjugés, une comédie (surtout) américaine peut jongler habilement entre un humour potache et un message essentiel digne des meilleurs contes.

Frangin malgré eux, c'est deux 40naires vivant chez leurs parents et se comportant comme des enfants de 10 ans. S'il y aura le devoir de grandir, d'accepter les responsabilités et de se comporter comme des adultes, il y a surtout la nécessité de ne jamais oublier ce qu'on est, et mieux, de ne jamais perdre sa flamme d'innocence au risque de devenir plat et anodin. Perdus dans une société cynique où les hommes ont, par besoin de survie, préférés se conformer en abandonnant ce qu'ils sont.

Chers lecteurs, vous savez ce qu'il vous reste à faire : Ne perdez pas votre dinosaure.

Cette remarque très juste vient de la dernière émission d'Opération Frisson.

La Personne aux deux personnes: Basket Case

Aujourd'hui j'ai vu La Personne aux deux personnes (2008):

# Le pitch de départ est marrant, une star has-been dont l'âme se retrouve coincée dans le corps d'un salarié bouletique et ringard. Du fantastique intégré à un environnement terriblement morne et terre-à-terre, une rencontre prometteuse.

# Et anéfé, il y a de bonnes blagues. Le salarié se croyant poursuivi par quelqu'un, le salarié apprenant à devenir quelqu'un de classe grâce aux conseils du chanteur has been. La scène des chiottes ou de la conférence avec synthé.

# Au coeur de la comédie, il y a ce coté iniatique où 2 vrais boulets se redécouvrent une dignité dans une société de consommation cynique conformiste.

# Mais dans la seconde partie du film, l'humour de cet univers effrayant tourne glauque. Ramenant le salarié boulet à sa réalité de boulet cherchant par tous les moyens à fuir son quotidien kitch et deshumanisant.

# Pourquoi le film tourne soudainement comme ça ? Le salarié passe du rôle d'homme sur le retour à celui de freak, de bête de foire. Alors qu'il gagnait en humanité, même maladroitement, il redevient une merde qu'on peut moquer parce que LOL.

# Putain la fin, c'est le comble du glauque. Un monde où les hommes sont tellement rien, vivent dans des villes grisâtres, qu'ils developpent une violente schyzophrénie passe-partout. C'est glauque les mecs.

La Bob Note : La Rivière sans retour/10

vendredi 12 juin 2009

Le réalisateur de Transporteur 3 est un génie

Il y a des jours comme ça où on fait des découvertes incroyables. Olivier Megaton, réalisateur de l'excellent cru Cynique 2008 Le Transporteur 3 déclare dans un entretien :
La personne dit qu'il a préféré Le Transporteur 2. Il fait partie de 0,01% du public dans ce cas là, comme Christophe Gans. Même Louis Leterrier n'aime pas son film (BOB: Bah si même Louis le dit...)

La Terre entière dit que le troisième épisode est meilleur que les deux autres.

On ne fait pas des monuments. Mais les chiffres sont là pour prouver que nous avons fait un sacré boulot. Le film a fait plus de 110 millions de dollars dans le monde et on fait 20 millions de dollars de chiffre d'affaires sur les ventes DVD aux États-Unis. On ne s'est pas trompé. (BOB: sans remord pour le bootleg ?)

Il est important de se situer dans l'espace et c'est là où la licence Bourne est en train de vriller avec le troisième opus. C'est de moins en moins lisible. Je suis d'accord avec le fait de dire que lors d'un combat, on ne sait plus qui est qui (BOB: SIC). Mais le public doit pouvoir éprouver la jouissance du spectacle.

Mais on pourra quand même retenir sa vision du cinéma français :
En France, les films sont faits par des scénaristes, des gens qui ont des idées, mais pas par des réalisateurs. Je suis content d'écrire moi-même mes histoires mais cela ne me pose aucun problème de demander de l'aide à un autre scénariste ou à un dialoguiste. Le problème survient quand un scénariste pense qu'il est le seul à pouvoir réaliser ce qu'il a écrit. La seule chose qui te reste en tant que scénariste, c'est la reconnaissance, certainement pas l'argent qui arrive plus tard. Les scénaristes français sont payés au lance pierre. Aux Etats-Unis, leur salaire représente au minimum 5 à 10% du budget. En France, si on est entre 0,5 et 3% c'est le maximum.

Voyage de Chihiro (2001): Enfer et damnation

Pour rebondir sur cet article et sur la remarque d'un journaliste concernant Chihiro:
Ainsi le merveilleux peut se faire cruel. (...) Le génial Hayao Miyazaki a également suggéré cela dans le Voyage de Chihiro. Si l'odyssée de l'héroïne est merveilleuse, elle n'en demeure pas moins traumatisante. Elle est prisonnière d'un monde d'esprits assez effrayant, elle a subi le traumatisme de voir ses parents métamorphosés en cochons.

(...) l'enfance qui est condamnée à se confronter à un monde cruel et à grandir.
D'après des vieux fous, l'une des représentations du monde fantastique à travers les contes et légendes est l'Enfer. Ca tombe plutot bien dans le cas de Chihiro puisque son histoire est proche du Mythe d'Orphée, c'est-à-dire aller récupérer un être bien aimé aux Enfers.

Une autre particularité de l'Enfer, ou du monde fantastique, c'est de tenter l'humain, en lui proposant un festin royal qu'il doit absolument refuser s'il souhaite rentrer chez lui. Son refus sera même récompensé par un cadeau. De suite, ça fait penser aux parents de Chihiro qui se goinfrent comme des porcs, nan ?

Enfermée dans le monde fantastique, la petite fille va donc tout faire pour libérer ses parents, et ainsi retourner dans le monde des humains vivre une nouvelle vie (ils étaient entrain de déménager). En clair, elle apprend à penser aux autres, quitte à mettre en jeu sa propre vie. C'est tellement un sentiment puissant qu'elle refuse même tout l'or du monde, ce qui cause l'incompréhension d'un esprit en quête d'amour.

C'est donc vrai, la petite Chihiro ressort grandie de ce monde étrange. On est passé d'une enfant arrogante et capricieuse, à une enfant sage et ouverte. Grandir n'est pas synonyme de cynisme ou de la perte des rêves. Désormais, Chihiro saura faire face aux obstacles de la vie, rassembler plutôt que de diviser (pensez au dieu emboué, de la merde et de la puanteur, elle fait apparaître de l'or et du bonheur !!). Le passage à l'âge adulte n'est pas un abandon de l'enfance.

Pour anecdote, ce voyage aux (portes de l') Enfers, c'est aussi le pitch du film de Gaspar Noé, Soudain le vide, mais avec une approche plus mystique.

jeudi 11 juin 2009

Conan le barbare: Terminator Zero

Aujourd'hui j'ai vu Conan le barbare (1982):

# Allez sans détour, le point fort du film c'est la bande originale de Basil Poledouris qui porte presque à elle seule l'histoire entière en injectant un souffle épique magnifique.

# Les premières 40 minutes sont d'un très bon niveau, tout passe par l'image avec l'avènement du barbare Conan, du massacre de son village étant enfant à ses années d'esclaves/gladiateurs jusqu'à la découverte de l'Epée du Roi. Dialogues minimum, ambiance superbe, une action violente pour un monde impitoyable. Après ça, le film s'épuise doucement sans retrouver ce niveau.

# La classe des décors, la beauté des paysages... Dommage que le reste du film soit aussi kitch et vite envoyé. Sans la musique de Poledouris, y a juste rien d'épique dans Conan. Surtout les combats qui sont mous et peu spectaculaires dans l'ensemble.

# Mais forcément, il y a des excellentes idées. Déjà tout ce qui touche à l'univers mythologique de Conan avec la place des Dieux (Conan recouvert de prières/runes sacrées !). Dommage que visuellement ça soit moche et chiant. Comme le coup de la sorcière, une bonne idée massacrée par un jeu d'acteur bofbof (Conan qui s'affole la kekette dans le beurre).

# Putain la musique, excellente. Écoutez ça, vous allez pleurer :




# J'ai ouîe dire que le 2ème film est une merde, je passe mon chemin.

La Bob Note : Par Crom'/10

Le Film Français #3

On l'attendait plus ! Le (re)nouveau de la comédie française potache, subversive, politique, humoristique, le film qui renforcera votre honte d'être français... J'ai nommé le beau, le grand, le merveilleux, Neuilly sa mère ! (j'invente rien, c'est vraiment le titre, excusez-moi chers lecteurs;).


Pour mieux comprendre l'humour de cette subtile caricature, j'ai eu l'occasion de discuter avec son créateur/réalisateur qui m'en expliqué la genèse :
salu moi c gabriel, gabi pour lé pot!!!! g 12 an é jador lé gignol de linfo c mon 1spirassion avc le jt de frense 2. g voulu montré lab-suhrditer 2 notr sossiété sarqosiste LOL :lov:
Hé oui, vous l'aurez compris, c'est ce que l'on appelle du FILM ALIMENTAIRE, le genre qui marche le mieux en France depuis déjà plus de 40 ans. Bon, ça nous donnera toujours une bonne raison d'aller revoir Idiocracy...

mercredi 10 juin 2009

De Star Wars à The Yards

Quel est le lien entre Star Wars et The Yards ? C'est simple, la musique.

Partons de The Yards, superbe film de James Gray, dans lequel on pourra entendre à plusieurs reprises un morceau de musique classique, composé par Gustav Holst dans le cadre de son oeuvre Les Planètes :


Ce morceau c'est Saturne, le règne du temps et de la sagesse.

Quand Holst compose ces musiques, il prend soin de retranscrire la particularité de chaque planète. Le résultat est une oeuvre kabbalistique, pour faire simple, c'est une oeuvre qui parle au-delà de la raison.

Et le rapport ? Écoutez le morceau Mars, vous devriez reconnaître un air familier :


Si vous ne reconnaissez pas, alors voici la réponse :



Ce qui n'est pas très étonnant de la part du compositeur John Williams, puisque Mars symbolise le règne de la puissance, de la guerre. En phase avec l'Empire façon Dark Vador. Ce qui n'est doublement pas très étonnant pour un film comme Star Wars, rappellez-vous.

"Mais c'est un NINJA..."

Les reves d'enfants pour les nuls

Je suis tombé sur cet article publié sur dvdrama traitant des rêves d'enfants, à l'occasion de la sortie de Coraline (pas mal de spectateurs ont déjà opté pour l'import albanais). J'en avais touché 2-3 mots il y a quelques jours à propos du Labyrinthe de pan, mais je souhaite y revenir, surtout quand je lis ces phrases :
(...) il est assez révélateur que Peter Pan refuse de grandir pour ne pas se laisser corrompre comme les pirates, demeurer un enfant perdu et préserver son insouciance.

(...) Guillermo Del Toro suggère avec astuce qu'il n'y a pas de refuge à l'horreur. Elle peut étendre son empire jusqu'aux contes que la jeune héroïne s'invente. Ainsi le merveilleux peut se faire cruel. Il ajoute une dimension poétique au réel, mais il est tout aussi dépourvu d'espérance.

(...)
Encore une allégorie de l'enfance qui est condamnée à se confronter à un monde cruel et à grandir.
Dans ces 2 cas, suffit d'adopter un autre point de vue pour percevoir autre chose, tout aussi intéréssant sinon plus (je m'avançe haha); Le refus, le refuge, c'est déjà une belle interpretation pessimiste de ce qu'est l'Enfance, ou plus précisement de l'âme d'enfant, c'est-à-dire avoir cette capacité incroyable à être surpris par le monde, à découvrir les choses comme si c'était la première fois. Ce n'est pas un refus, c'est une ouverture.

Concernant le Del Toro, faut-il rappeler que la petite fille est une princesse perdue, qu'elle ne cherche pas un refuge, mais juste son royaume de lumière. La mise à l'épreuve n'a d'autre but que de lui permettre de prouver sa "pureté".

Dans tous les cas, il n'est pas question de grandir, ou d'être condamner à se confronter à un monde cruel, mais de s'éveiller. C'est différent.

Les Jonas Brothers à South Park

Revenons sur quelque chose de plus sérieux (les derniers articles étaient fatiguants ?), avec l'apparition des vedettes Mickey dans un épisode de South Park qui révelait avec horreur l'indescriptible symbolisme sexuel des produits Disney. Comme les Jonas Brothers qui font mouiller les jeunes enfants de 10 ans.

Dans South Park, les JB sortent le grand jeu lors d'un concert avec des lances à eaux comme vous pouvez voir sur l'image de l'article. C'est un peu l'équivalent d'un bukake géant moralement acceptable.

En fait, c'est pas une blague, ils le font vraiment, regardez :

mardi 9 juin 2009

Les Trois Royaumes (2008): Combats de Maître

Entre ceux pour qui le film est une oeuvre de propagande chinoise (John Woo grand propagandiste depuis 30 ans...) et ceux qui détestent cette fresque faussement épique, aucun n'a été capable d'avançer des arguments concrets basés sur le film, et non sur une interpretation de spectateur occidental victime se devant de dénigrer la dictature chinoise tout en applaudissant la percée d'un parti politique lors d'éléctions à 40% d'élécteurs.

Laissons la politique dehors pour regarder le travail de John Woo, notamment à travers l'une des scènes du début, histoire de pas trop spoiler contrairement à mon habitude !

Le cliché habituel, c'est de dire que que l'action chez John Woo, c'est un peu beaucoup stupide. Vraiment ? C'est sans doute pour ça que fin metteur en scène, il parvient en seulement quelques minutes à introduire, puis présenter (vous allez capter la nuance), plusieurs personnages au détour d'une scène d'action.

Pour amener la scène d'action, John Woo pose déjà l'enjeu. Un seigneur et son guerrier discutent lorsqu'ils apprennent que deux courtisannes et un bébé sont en dangers.

Comme vous voyez, le danger se déroule au moment même de la discussion (merci au montage), c'est-à-dire que l'on peut voir que la roulette des femmes s'est embourbée, qu'elles sont affolées, que le bébé pleure, que la situation est tendue (des gardes ont le sabre ensanglanté).

Pendant que le guerrier se rend sur place, John Woo présente la fuite des femmes. Tout d'abord, il nous montre l'état chaotique du village à feu et à sang. Ensuite, on voit les troupes ennemies tuer les gardes et l'une des femmes.


La survivante essaye de s'enfuir avec le bébé, mais voilà qu'elle est repérée par un gradé ennemi qui ordonne la mort du bébé.

La situation s'aggrave beaucoup, la femme est seule et blessée au bord d'un puit, tenant le bébé à bout de bras, quand soudain, sa mort semble arriver. John Woo utilise des gros plans sur une lance, sur un cheval au galot, et une petite musique pour mieux créer un suspens.

Ce suspens résulte sur un ouf de soulagement, puisqu'il s'agit du guerrier à la cape blanche et non d'un soldat ennemi. Pour appel, John Woo avait déjà introduit ce guerrier au cours d'un bref combat, avec plans iconiques, ce qui nous permet de savoir : qu'il sait se battre et qu'il est un sauveur bien sûr.

Avant même le début de l'action pure, John Woo nous a déjà :
  • introduit les personnages
  • présenter les lieux de l'action
  • le but de la mission (sauver les femmes & le bébé)
A travers l'action, John Woo nous présente donc son personnage, d'un excellent guerrier anonyme on découvre un homme prêt à mourir pour sauver la vie d'un bébé. Ce qui résume la mentalité héroique du personnage. Je vois déjà certains crier "scandale, c'est un cliché", messieurs (et mesdames ?), ne confondez pas, simplicité et cynisme de consommateur.

Comme on est chez John Woo, l'action est parfaitement lisible : la caméra à l'épaule place la scène dans l'instabilité (normal, c'est un combat) tout en conservant une échelle de plans qui nous permet de voir la scène (à l'inverse de cette manie gros plans-esques). Cérise sur le gateau, l'action est tellement lisible que certaines coupes se font naturellement sans choquer l'oeil :

Ces images sont pas très parlantes et pour cause, la coupe se base sur le mouvement de l'arme du guerrier, c'est une sorte de trompe l'oeil si vous voulez (une astuce qu'on trouve à fond chez McTiernan)
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