mardi 20 octobre 2009

Le Western Céfran

Jean-Français Giré dans un entretien à propos du Western français :
C'est dommage parce qu'à l'heure actuelle, les producteurs français n'osent plus investir dans le genre, tout du moins si ce n'est pas une comédie. Il y a quelques années, j'avais écrit un scénario, Le Canyon de la terreur, qui était un western fantastique. Le comité de lecture de Canal + l'a refusé, le jugeant « trop violent et trop irrationnel dans ses aspects fantastiques » et lui reprochant « l'absence de tout personnage féminin ». Voilà. On en est là actuellement. Et je connais une foule de jeunes réalisateurs français qui aimeraient faire un vrai western et qui ne peuvent pas. La phrase préférée des producteurs, à l'heure actuelle, c'est : « En France, on ne sait pas faire ça. ». Et pour cette raison, on se réfugie dans la comédie et la parodie. Bon, il faut dire aussi deux choses importantes : 1/ le bide du Blueberry de Kounen n'a rien arrangé et sert désormais d'argument dissuasif aux investisseurs ; 2/ on n'a très peu d'acteurs français capables d'enfiler la panoplie d'un héros de western et ça, c'est un vrai problème car, parmi les quelques stars bankables du cinéma français, les acteurs susceptibles de rassurer des producteurs apeurés seraient tout simplement ridicules dans un costume de cow-boy. (...)
Et un peu plus loin :
A propos du dogme du cinéma d'auteur, j'ai une anecdote très révélatrice : il y a environ trois ans, j'étais en salle de montage chez une amie productrice. Dans une salle voisine, ils étaient en train de monter un long-métrage. Tout à coup, il y a eu un gros problème de montage, ils se sont engueulés et quelqu'un est sorti de la salle en clamant : « Oui, mais c'est un film d'auteur et donc on n'y touche pas ! ». Qu'est-ce que ça veut dire un film d'auteur ? Ça ne veut rien dire ! Quand un film a des problèmes, que ce soit au scénario, au tournage ou au montage, on essaie de les corriger, on invoque pas le cinéma d'auteur ! Le cinéma, c'est un travail d'équipe, pas un machin qui sert à faire reluire l'ego d'un petit con de réalisateur qui se croît tout permis !

vendredi 16 octobre 2009

Télérama découvre le Cinéma

Gros choc en découvrant cet article concernant le blog américain Deadline Hollywood;
La question qui taraude, c'est : pourquoi les mêmes pratiques n'existent-elles pas en France ? (et, accessoirement, pourquoi personne ne rachète Cinécure pour dix millions – d'euros, tant qu'à faire ?). Pourquoi brillent par leur absence des « insiders », qui dépiauteraient la vie de l'industrie cinéma, projets en cours, négociations secrètes, etc. A cela plein de réponses – et un regret. D'abord, la primauté absolue de la critique. Ecrire sur le cinéma, en France, c'est dire, au mieux, « j'aime j'aime pas », au pire « c'est bien c'est mal ». C'est assez rarement décrire des phénomènes économiques, décrypter les enjeux du business, et c'est dommage. Parler d'industrie du cinéma dans l'Hexagone est faire preuve d'optimisme : la fabrique du cinéma reste encore, ici, un artisanat. Et les majors locales (Gaumont, Pathé, UGC, éventuellement Europacorp, etc.) ont un goût du secret qui ne serait sans doute pas toléré outre-Atlantique.

En outre, le poids du cinéma américain est tel qu'il pèse sur la hiérarchie de l'information : en clair, connaître le nouveau projet de Tarantino excitera plus que de savoir que Philippe Lioret va adapter D'autres vies que la mienne, d'Emmanuel Carrère, avec Vincent Lindon. Oui, c'est injuste, non ce n'est pas un scoop. Ce que ne comprennent pas bien les décideurs français, producteurs, distributeurs, etc., c'est qu'ils ont tout intérêt à ce que l'information circule mieux, y compris sur les œuvres à venir ou en chantier. Créer du buzz, entretenir la notoriété, c'est ce qu'Hollywood sait faire, et ce que les Français doivent apprendre.

Choqué parce qu'on est en 2009 et que l'auteur de l'article (un professionnel) découvre une situation évidente. Non seulement le cinéma est une industrie mais en plus le secteur français se mange 15 ans de retard sur plusieurs fronts.

En cherchant d'autres articles de cet auteur, je me suis aperçu qu'il participe exactement à ce qu'il critique; la passivité du critique écrivant sur l'Art sans s'intéresser à la totalité du processus (artistico-financier-....). Ce que les Français doivent apprendre, c'est à sortir du cadre complaisant de la bonne critique pour aller interroger l'Industrie.

(ce qui pourrait aisément faire un type comme ce critique, qui doit posseder suffisamment de bons contacts pour s'affranchir de la logique clanique parisiano-française) (et encore je suis généreux, car même en amont des productions, ça semble fonctionner comme en l'an 40 niveau com').

jeudi 15 octobre 2009

Braquo (2009) EP01-02: The Shield pour les nuls

Braquo, c'est l'assurance de voir une série mixée violence et ton noir. Dans le monde de la production ciné-tv française, c'est suffisamment rare pour être souligné.

Maintenant, le problème le plus évident sur ces 2 premiers opus, c'est que les influences américaines sont digérées mollement. Genre, on conserve l'emballage avec des dialogues français, et point barre.

Sauf que la sauce prend pas (encore). Braquo ressemble à du sous-The Shield français. À part la langue française, j'ai jamais eu l'impression d'être en france, de découvrir un contexte spécifique.

Plus que le côté sous influence, c'est ça le plus frustrant. Un truc hybride vénère mais qui pourrait aussi bien se passer dans le trou du cul du monde qu'on ferait pas la différence. Le paysage urbain, la ville sont juste inexistantes quand chez les américains, c'est le point central des histoires.

Faut voir comment ça va évoluer (et je serais curieux d'en savoir plus sur toute la phase de pré-prod, genre s'il y a eu des difficultés de financements...).

mercredi 14 octobre 2009

Public Enemies (2009): L'Enfer est à eux

J'avais entendu pas mal de mauvais échos entourant le dernier film de Michael Mann.

L'une des grandes surprises du film, c'est le rendu HD. Vu le genre, l'ambiance, c'est évident que Mann aurait pu styliser à mort, faire dans l'iconisation pépère. Genre les scène de rues de nuit, les braquages, c'est du stylisable à 500%.

Alors qu'en fait, il prend une autre direction, une autre esthétique plus proche de celle de l'oeil humain, ce qui casse magistralement l'image d'épinal des années 30 et par extension du film de gangsters.

C'est encore plus flagrant avec la scène du cinéma, où Dillinger va voir un Clark Gable coincé dans une esthétique vieillote, fermée, très studio... La mise en abyme est là, une certaine réalité faisant face à un imaginaire fantasque. Vous vouliez voir des bandits, vous voilà face à des hommes comme vous. Y a même plus la barrière esthétique.

Je viens d'apprendre qu'il y aura une director's cut sur la galette ricaine, j'attends ça pour pouvoir le revoir. Sublime.

mardi 13 octobre 2009

Des Démineurs aux Héros Mythiques

Pour la énième fois, une critique de Démineurs pointant le "fond désert" du film. Et pour la première fois, je fais le parallèle entre ce film et la situation d'un héros:
Pendant la guerre du Vietnam, je me souviens d'avoir vu à la télévision des jeunes hommes partant en hélicoptères à la recherche de leurs compagnons. Ils risquaient délibérément leur vie, sans aucune obligation. J'ai vu se dérouler la même situation que Schopenhauer à décrite, avec ce même consentement au sacrifice suprême. Les hommes avouent parfois qu'ils aiment la guerre parce qu'elle leur donne le sentiment aigu de l'existence. Vous ne pouvez pas ressentir cela en allant tous les jours au bureau mais en guerre, tout à coup, vous êtes brutalement confronté avec la vie. Vivre, c'est avoir peur, c'est souffrir. Vivre, c'est l'horreur, mais vous en avez tout à coup pleinement conscience. Vous vous sentez vivre. Ces jeunes gens, au Vietnam, se sentaient véritablement vivre en bravant la mort pour sauver leurs camarades.
Il suffit donc de reprendre la phrase en gras, d'y ajouter plus d'ambiguïté dans le rapport entre les hommes et la guerre (pas d'idée de sacrifice), et on peut commencer à entrevoir l'ampleur du "fond" du film. Une tragédie existentielle où des démineurs bravent la mort pour survivre, même plus pour sauver quelque chose. Et c'est ça, le "fond désertique" ?

(j'ai ma dose de démineurs, plus de post sur ce film jusqu'à au moins la sortie DVD, pfiou!)

lundi 12 octobre 2009

Harry Potter et le Prince de sang mêlé (2009): Premiers Baisers

Aujourd'hui j'ai vu Harry Potter et le Prince de sang mêlé (2009):

# Il y a des séries qui se construisent avec le temps, et d'autres non. Comme Harry Potter.

# Sur 2h30 de film, il y a au moins 45 minutes de remplissages.

# Sans doute parce que la saga est victime de son succès et qu'il faut désormais trouver des astuces scénaristiques pour faire exister des acteurs personnages qui n'apportent plus rien à l'histoire.

# C'est le cas des potos d'Harry dont les errements amoureux font de gros clins d'oeil au public adolescent sans pour autant servir l'histoire.

# C'est aussi le cas de la scène d'intro, une fausse mise en bouche spectaculaire avec destruction d'un pont Londonien et virée volante dans les rues de la capitale. Puis ça reste sans suite pendant 2h10 de film. Woaw.

# L'histoire pouvait être intéressante, explorer le passé du grand méchant, mais le traitement est tellement hasardeux, long, coupé par de l'inutile, qu'une fois que le film reprend enfin la trame on découvre avec stupeur qu'il faudra attendre la suite.

# Sorte d'épisode intermediaire à la con bien frustrant.

La Bob Note : Harry Potter et les filles d'à-côté/10

dimanche 11 octobre 2009

Crows Zero 2 (2009): Entre les mures

Aujourd'hui j'ai vu Crows Zero 2 (2009) de Takashi Miike :

# Même formule qu'avec le 1er volet, des lycéens se foutent sur la gueule dans un bahut pourri, taggé de partout, véritables royaumes des gangs. Sauf qu'ici, c'est plus seulement une lutte inter-gangs, mais inter-lycées. Ça change radicalement tout...

# ... Puisqu'il se passe enfin quelque chose. Le jeune héros se retrouve confronté à ses propres faiblesses, ce qui l'amène à repenser ce qu'il est. On est quand même passé d'un blaireau désirant être number 1 à un type qui doit repenser son statut de chef.

# Evidemment, c'est traité n'importe comment. Le film retombe dans les mêmes problèmes que ceux du précédent, ça préfère la pose et les combats mal-branlés plutôt que d'assoir un minimum les personnages.

# À côté de ça, on doit se taper une fausse histoire de redemption avec des yakuzas qui se termine dans une chambre d'hosto avec les persos entrain de pleurer et hurler bien grossièrement. Ça valait le coup.

# J'adore le coup de la copine du héros. Comme prévu, elle sert pas plus que dans le 1er film.

# Le combat final est encore une fois interminablement inter-minable. Ça doit durer au moins 30 minutes, et comme les persos n'existent pas (de même que des enjeux), ce combat semble durer 2 heures.

# L'un des atouts, c'est que le montage des combats est plus limpides. Ça évite de trop virer au flash lumineux violent + léger acceleré comme dans le 1er. Ceci dit, il se passe toujours rien.

# Y a de l'espoir quand même, Crows Zero 3 devrait être meilleur. Même si la formule sera probablement la même (ils pourraient en faire une série vu que ça raconte absolument rien).

La Bob Note : Les Zéros Corbeaux/10

Yatterman (2009): Bioman sous acides

Aujourd'hui j'ai vu Yatterman (2009) de Takashi Miike:

# C'est l'adaptation live d'une vieille série animée où 2 jeunes héros costumés accompagner d'un robot chien géant combattent une sadomaso et ses 2 esclaves laids à moitié pervers, eux aussi possèdent un robot géant.

# Un sujet en or pour Monsieur Zebraman, qui pond ici un objet WTF ouvertement kitch aux effets speciaux bofs qui explosent nos pauvres petits yeux.

# Et c'est quoi l'histoire ? C'est au bout des 2h des film + générique final que j'ai commencé à comprendre ce que j'avais vu. Je crois pouvoir dire que ça parle d'un Dieu des Voleurs cherchant à retrouver les morceaux d'un Crâne magique pour pouvoir s'affranchir du temps et de l'espace.

# En réalité, on s'en branle royalement de l'histoire. Ça reste avant tout un défilé de conneries incroyables, de sous-entendus sexuels bien grotesques (avec les 2 robots géants en pleine action), de romances débiles mais très naïves (ça va pas plus loin que des bisous, c'est du mimi).

# Autant la folie c'est marrant, autant sur 2 heures, ça accuse des lourdeurs. Surtout quand il n'a aucune histoire pour supporter le poids du WTF ambiant. Bref, comme d'hab chez Miike, il y a bien 30/45min à jeter.

La Bob Note : Sushiman/10

samedi 10 octobre 2009

Les Cahiers des Blogs Cinéphiles

C'est en découvrant les réactions du sujet "votre top 10 réalisateurs américains en activité" que je me suis rendu compte de l'académisme mou d'une certaine audience blogophile. Jugez par-vous même, ici, là ou là puis ici pour découvrir des listes quasi-similaires où trônent Scorsese/Spielberg/Eastwood et autres parrains classiques.

Cet étouffant marasme m'oblige à apporter ma contribution en vrac :

# ROBERT ZEMECKIS
Parce qu'on parle d'un pionner fasciné par les histoires au point de chercher de nouvelles manières de faire vivre des expériences aux spectateurs. Et par extension, d'interroger les limites du Cinéma. Révélateurs de cette idée, Beowulf (et Drôle de Noël de Scrooge).

• Immanquable = Beowulf

# JUDD APATOW
Pour son apport annuel à la comédie américaine, non seulement respectueuse de son public (ne me parlez pas de Very Bad Trip) mais aussi de ses histoires douce-amères où l'homme devient un Geek assumé alliant responsabilités et âme d'enfant.

• Immanquables = Funny People; Frangins malgré eux

# KATHRYN BIGELOW
Parce qu'une réalisatrice ayant une conscience complète du spectre des émotions à insuffler dans ses histoires sans sombrer dans du balourd mélodramatique, c'est trèèès rare.

• Immanquables = Point Break; Démineurs

# JOHN LASSETER
Voilà un autre artisan réalisateur producteur dont l'influence et le travail nous font rêver/pleurer depuis plusieurs années. C'est Monsieur Pixar, il a normalisé le film d'animation 3D au sein d'une industrie en évitant de flirter avec le cynisme made in Dreamworks.

• Immanquable = Pixar (rien que ça).

# DAVID MAMET
Il assure des peintures violentes et nihilistes de la société capitaliste américaine, faisant s'affronter les tabous qu'ils soient religieux, sociaux ou politiques pour mieux nous bousculer. Très loin de conforter le spectateur dans sa vie.

• Immanquables = Homicide; Red Belt.

# RICHARD KELLY
C'est l'anti-Aronofsky, assimilant différents genres pour créer un résultat surprenant. Kelly a intégré les possibilités offertes par le Cinéma, l'imaginaire, il en résulte des films mélange de sous-cultures questionnant l'humanité même du spectateur. Surprendre avec une dose de Sagesse, un geek puissance 1000.

• Immanquables = Donnie Darko; Southland Tales.

# MIKE JUDGE
Autre réalisateur de comédies s'amusant de la société américaine en faisant bien ressortir ses travers absurdes loufoques. Pour de la critique bien violente. Difficile de résister à des salariés défonçant une photocopieuse en plein champ à la manière d'un film de gangsters.

• Immanquables = Office Space; Idiocracy.

# WACHOWSKI BROTHERS
Ces frères ont une maîtrise remarquable du Cinéma. Une façon de raconter des histoires en exploitant le maximum de possibilités, de pistes que ce soit intellectuel ou émotionnel, une volonté d'offrir une véritable expérience aux spectateurs. En défiant aussi bien les limites du Cinéma en tant que média, que des sensations de l'audience.

• Immanquables = Trilogie Matrix; Speed Racer.

(et encore, c'est en mettant de côté les étrangers travaillant aux USA)

vendredi 9 octobre 2009

Whatever Works (2009): Cetipapossible !

Aujourd'hui j'ai eu l'immense honneur de voir Whatever Works (2009):

# L'avantage du film c'est de savoir qu'il est moins pire que le prochain Woody Allen. C'est un théorème perso assez simple qui fonctionne depuis 3/4 ans maintenant.

# On est donc à New York à suivre l'existence d'un vieux cynique et de ses relations. Autant dire qu'il se passe absolument rien pendant 1h30.

# La petite copine niaise du Sud jouée par Evan Rachel Wood rappelle furieusement la Sookie de True Blood mais sans le côté vulgaire exhibitionniste.

# C'est une sorte de leçon sur la vie et sa magie. En soit, c'est intéréssant mais le traitement est catastrophiquement catastrophique.

# Je veux dire, c'est du théâtre filmé rythmer par quelques bonnes répliques.

# Et je reste sur le cul en découvrant les retours critiques favorables de cette petite merde qui aurait tout gagner à devenir une pièce de théâtre.

La Bob note : Navet/10

jeudi 8 octobre 2009

L'horreur Oskarisable

John Rabe représente le prototype même du film historique, basé sur un évènement réel, visant à émouvoir les consciences d'une bande de vieux européens quant à une horreur passée.

Dans le cas présent, on parle du Oskar Schindler de Chine, un industriel nazi qui a sauvé près de 200 000 chinois lors du massacre de Nanking par les troupes japonaises en 1937.

Pas mal de choses m'ont frappé dans ce film :

# Evidemment, ça exploite à fond la carte du nazi qui découvre en avant première ce qui arrivera en europe, bref, c'est l'idée du chasseur chassé.

# Que ce lien nazisme-nanking permet aux foules européennes de découvrir que la 2nde guerre mondiale était bien mondiale. Ça fait un peu beaucoup "les méchants sont pas que nazis" (en 2009 quand même, merci).

# Parce que ça parle d'un massacre, on montre quelques horreurs vite fait mais sans trop appuyer. On voit des soldats se faire fusiller en masse, des chinois se faire décapiter pour le fun, des gens se faire tuer pour rien... Mais voilà, c'est juste de la mise en image, de l'illustration sans âme qui suffit à choquer des consciences (ohmondieu, ohmondieu, ohmondieu)

Au final, le film reçoit plusieurs prix aux oscars allemands. Pouet.

lundi 5 octobre 2009

Histoire de reprendre confiance dans le cinéma français

Interviewé par Rivette, Jean Renoir nous donne une leçon sur l'Art. Sublime.



dimanche 4 octobre 2009

Assassination of a High School President (2008): Casse-Brick

Aujourd'hui j'ai vu Assassination of a High School President (2008):

# Un mélange de film noir, thriller politique et d'investigation situé dans un lycée américain.

# Ce qui place le film dans la continuité d'un Brick, d'un Election et d'autres références plus classiques des genres évoqués plus haut. C'est à la fois le point fort du film, et son point faible.

# Point fort car c'est l'idée est vraiment marrante, un lycée apprenti-journaliste en mode détective privé avec chewin-gum et réflexions bien senties dans un bahut catho reflet de la société, de ses divisions et de ses espoirs.

# Point faible car à part la forme, les rebondissements et révélations sont calqués sur ses références qui sont depuis longtemps rentrés dans nos schémas classiques de narration. Entre les pièges, les manipulations, les fausses pistes... rien de bien nouveau.

# L'histoire se laisse suivre mais j'imagine que ça doit beaucoup à cette vision fantasmée d'un lycée où l'anti-héros sort avec la bombasse du bahut... la frustration, la nostalgie, quelque chose dans ce genre là.

# Puis forcément, film acclamé à Sundance avec gallerie de persos variés, un Bruce Willis en principal psychopathe obsédé par la 1ère guerre en Iraq, des jumeaux drogués beaux gosses, des losers aux looks/accents originaux...

La Bob Note : Le Lycée Maltais/10

vendredi 2 octobre 2009

Le Film Français #5

Cette semaine, le film "Mademoiselle Chambon" (du cul) nous prouve qu'il est possible de faire un plan séquence poussant le spectateur à sauter par sa fenêtre pour cause de névrose soudaine.



C'est epique comme truc. Remercions l'incroyable Stéphane Brizé pour ce feel-dead movie.

La propagande américaine nous aura tous

Trouvé quelque part à propos de Démineurs;
Ben non, Bigelow ne dit pas "la guerre c'est pas bien" mais "il faut continuer de se battre, même seul !"... et "on manque de démineurs" (c'est d'ailleurs une citation direct du film). Le démineur est une figure de héros...
Tiens un bon article de Prospect.
En suivant le lien on arrive à un article censé expliquer que "pour un film soit-disant anti-guerre, Démineurs sert à merveille la machine d'enrolement militaire américaine".

J'ai bien dit censé, parce que dans l'état, c'est plus une journaliste qui essaye de caser le film dans sa grille de lecture en niant volontairement (ou pas) le propos du film. Voyons ça vite fait :
... you feel empathy for the soldiers when they shoot. And in this way, the full impact of the Iraq war [...] becomes clear: American soldiers shot at Iraqi civilians even when, for example, they just happened to be holding a cell phone and standing near an IED, as Colin H. Kahl, a military analyst and Obama administration official, wrote in International Security.
Ah oui, j'avais pas vu que Bigelow a réalisé un sous-Lions & Agneaux.
Vous savez ce film didactique à mort où pendant 2h, on voit des gus causer autour d'une table en nous faisant une analyse socio-politique ciblée très emmerdante. Soit, tout ce que n'est pas Démineurs.
It opens with a quote, "War is a drug," from Chris Hedges, a Nation Institute senior fellow and author of War Is A Force That Gives Us Meaning.
En effet, Bigelow ne mentionne pas la biographie sans doute exceptionnelle de Chris Hedges. De toute façon, vu sa tronche, ça doit être un végatarien albinos, donc c'est un fils de pute. Donc c'est un film de fils de pute. CQFD. La journaliste ignore donc volontairement la citation pour se focaliser sur le titre du livre. Pourtant "WAR IS A DRUG" c'était bien écrit en gros.
The film draws a sharp contrast between the tedium of American life [...] vapid consumerism, and the heart-pounding drama of the combat zone in Iraq [...] The Hurt Locker is one of the most effective recruiting vehicles for the U.S. Army that I have seen.
Peut-être qu'en ouvrant les yeux, la madame journaliste aurait fait le rapprochement entre la note d'intention (WAR IS A DRUG qu'on t'as dit) et le reste du film. Peut-être qu'elle aurait alors vu le lien morbide/ambigu unissant soldats & guerre, par extension la mentalité d'une armée. D'un pays capable d'exister uniquement à travers le prisme des attaques exterieures.

Soit, une autre facette d'un American life, peut-être ?
(c'est là où tu te dis, qu'une journaliste pareille serait en face de la pire des propagandes, elle y verrait quedalle, vive les grilles de lecture et interpretations persos).
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