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samedi 10 juillet 2010

Labyrinthe de Pan

Petite revoyure, et je me dois de rajouter un point par rapport au texte posté l'an dernier.

À la première vision, le spectateur cherche à comprendre cet univers où se mélange cruelle réalité et imaginaire étrange. Jusqu'au bout, il y a l'envie de rationaliser l'univers.

D'où un plan assez important, vers la fin - SPOILERS - lorsque le Père arrive au coeur du labyrinthe. Souvenez-vous, c'est le fameux plan où le faune n'apparait pas alors que la petite fille est entrain de lui parler. La réaction basique étant d'en conclure que finalement, oui, ce n'est qu'une illusion créee par cette gamine.

Et cette réaction à de quoi surprendre :

1) Le spectateur adulte se rattache à une vision adulte du monde
2) Le spectateur préfère adopter le point de vue d'un meurtrier que d'une petite fille
3) Ce qui en dit long sur la recherche de rationaliser.

Vers la fin, il y a un dialogue qui donne déjà le ton. Le Capitaine vient de trouver la taupe, et dit quelque chose comme "ah c'est marrant, je vous avais devant les yeux depuis le début et pourtant j'ai rien vu", qui fait écho à notre propre experience de l'histoire. La réponse de la taupe est aussi intéressante, elle dit "c'est à cause de votre arrogance"....

Préférer adopter un point de vue qui nous satisfait plutôt que d'oser croire autre chose. La voilà notre arrogance. Pour faire un parallèle avec l'image du billet, on se contente de ce qui est à portée de main. Pas de coeur.

À un autre niveau, faites bien attention aux couleurs/teintes, éléments (pluie, feu, terre...), formes (fenetres...) qui apportent tout un tas d'informations sur l'état des personnages.

samedi 12 juin 2010

Pulp Fiction & La montre en or

Découverte d'une analyse supra-intéressante sur le segment de la montre de Butch (Bruce Willis) dans Pulp Fiction. Pour résumé les grandes lignes, la montre représente les vertues de ses aïeux, comme le courage & l'honneur, toute l'histoire de Butch est donc d'honorer cet héritage.

Mais là où ses aïeux ont pu prouver leur courage, honneur et respect à travers l'experience de la guerre (le Vietnam pour son père), Butch va suivre un cheminement similaire à sa manière dans les rues de Los Angeles.

Quand on découvre Butch, c'est un boxer porté par sa fierté (il refuse de se coucher, laisse ses trophées visibles), ce qui lui vaudra pas mal d'emmerdes. On commence à voir les premiers parallèles avec ses aïeux lorsqu'il vient de tuer le boxer contre lequel il devait se coucher. Il téléphone et prévient qu'il se rendra bientôt à Knoxville. Qui est juste l'endroit où la montre avait été originalement acheté, comme précisé au tout début par le Capitaine Koonz.

Par rapport à la guerre, quelques points troublants :

- Dans sa chambre avec sa copine qui regarde un film de guerre, Tarantino propose un plan sur la TV avec le reflet de la copine, comme si elle était au coeur du film de guerre. Sans oublier qu'à la question "Tu le regardes ? (le film)" elle répond "Plus ou moins." maintenant une certaine ambiguité.

- Quand Butch ira récupérer la montre chez lui, il passera par une phase d'infiltration rappelant un film de guerre. Le fond sonore renforce cette impression, on entend des chiens aboyés, un hélicoptère.... Sachant qu'on pourra aussi entendre une publicité pour le resto de la scène de danse, il est évident que le choix sonore a été volontairement pensé par Tarantino.

- La rencontre malchanceuse avec Wallace, qui transforme un carrefour en véritable terrain de bataille. La boutique qui deviendra le théâtre d'une scène de torture rappelant forcément les camps vietnamiens, la relation Wallace-Butch qui devient celle de camarade de torture faisant le parallèle avec le Cpt Koonz et le père de Butch ("Quand deux hommes partagent un sort pareil ils deviennent un peu responsables l'un de l'autre.")

- Dans la boutique, Butch décide d'aller secourir Wallace (voir ci-dessus), mais surtout, il se sert d'un samouraï, l'arme symbolisant par excellence l'honneur (à noter le décor de la boutique avec des plaques du Tennessee (Knoxville est situé dans cet état), sur une d'entre elles on peut même lire "DAD" (Papa).

Il reste d'autres détails, voir l'analyse originale.

samedi 3 avril 2010

Une Affaire d'Etat (2009)

La plus grande surprise, c'est de lancer un polar français qui se révèle être un superbe western urbain. Passant par une affaire de trafic d'armes pour dévoiler une galerie de personnages sous pression, où chacun essaye de s'en sortir: coups bas, embuches, manipulations, devoir d'obéissance... Et surtout en abordant le problème à différents niveaux, d'une fliquette burnée comme c'est pas permis au président en passant par des prostituées.

L'heure de revenir sur quelques points/idées, comme d'hab quoi :

# Commencons en douceur avec ce champs-contre-champs... Le placement des persos + la nuque au 1er plan donnent l'impression d'un vrai face à face alors que les 2 persos sont côte à côte. À savoir qu'on est qu'au début du film, qu'on va assister à une véritable guerre opposant justement ces 2 hommes (guerre, car il y a une stratégie pour chaque mouvement).


# Certains l'ont bien remarqué, Valette exploite l'environnement Parisien pour refléter l'état des personnages. Par exemple sur l'exemple suivant, les bâtiments en arrière plan imposent une dimension/stature importante-étatique aux persos (les mêmes que sur le point précédent). Et c'est naturellement, lorsque la guerre est ouvertement déclaré qu'il y a un soudain changement d'échelle. Un simple mouvement arrière qui donne l'impression d'un rapetissement. Valette nous met la puce à l'oreille en début de dialogue via une remarque sur l'architecture.


# Comment relier directement 2 personnages quasi au même statut (de la petite main), confronté à une situation similaire ? Avec ce genre de plans, même mouvement rapproché, même position, environnement légèrement différent : les lampes aux 2 extrémités (normal, les persos sont pas du même côté), la table (ronde vs carré)... Ça me rappelle une idée similaire vue dans The Killer de John Woo.


Avec les mêmes persos, il y a le 'duel' final dans la voiture avec en fond sonore le thème du Retour de Ringo. Enfin duel, j'exagère peut-être, mais il y a un échange de regards bien furieux façon western qui dit tout sur les pensées des persos. Pour le bonheur des oreilles :



En réécoutant la musique, ça me rappelle que la fliquette et le barbouze ont déjà été "connecté" un peu plus tôt dans le film... grâce à la musique. Lorsqu'on vient de mieux faire connaissance avec elle et ses méthodes très directes - ce qui lui vaudra des remarques de son chef. La musique fait le pont entre cette présentation et le nouveau personnage,. En substance, Valette nous montre 2 desperados. Agissant pourtant à l'opposé, cf le plan de la bagnole qui part enchainé par un mouvement inverse dans l'appart.

Histoire de chicaner, l'opposition n'existe pas seulement via un mouvement (de caméra ou d'objet) puisque nos desperados sont consignés dans un espace différent.

Mais comme l'honorable critique nous l'a dit :
Bien mené mais grossièrement mis en scène et en musique, cet imbroglio de complots, trahisons et meurtres dans les hautes sphères de l'Etat, sur fond de vente d'armes et de prostitution, se révèle plus proche (...) d'un téléfilm sous amphétamines.
C'est clair qu'utiliser une musique et une mise en scène comme éléments narratifs vecteurs d'émotions, c'est grossier. Mais être payer à dire de la grosse merde, ça, c'est noble.

lundi 1 mars 2010

Cowboy Bebop (1998): Sympathy for the devil

Je suis tranquillement en train de découvrir la série Cowboy Bebop, et alors que je termine la vision de l'épisode #6 je me dois de partager ça avec vous :

Qu'on se comprenne bien, ça va être du spoilers à 500%, la révélation de ce "twist" intervient durant l'avant-dernier partie de l'épisode. Mais que ce soit un twist ou pas, la façon de jouer avec notre interpretation reste vraiment bien sympathique.

Je prends cette image en exemple ;

À première vue, un homme, et légèrement derrière un enfant innocent. Parce que son regard est masqué, l'homme nous apparait méchant. Nous établissons facilement le rapport entre ces 2 persos, l'homme exploite/maîtrise le petit enfant.

Notre raisonnement sera validé par un autre perso, qui s'est fait tiré dessus dans cette pièce. Avant de mourir, il nous dira d'ailleurs de le protéger. Conclusion, l'homme est vraiment méchant, et il faut sauver l'enfant.

Pour rappel, on est toujours sur la base de notre interprétation.

Merci donc pour ce jeu sur les apparences et des habitudes du spectateur qui associe instinctivement l'autorité à l'adulte (père).

dimanche 7 février 2010

Avatar pour les nuls

Rentrons enfin dans le vif du sujet; si vous attendez un avis, passez votre chemin, pour les autres, voilà quelques pistes:

# Différences Hommes-Na'vi

La principale différence entre ces 2 espèce réside dans le mode de vie, dans l'expérience de la vie. D'un côté, nous avons des hommes, profondément matérialistes, se reposant sur la technologie, le pouvoir et l'argent (la quête de l'unobtinium - littéralement, "l'inobtenable"). Ces colons vivent enfermés dans des grandes boites de conserve et n'ont aucune intéraction directe avec le monde. Ils passent par des robots, des armes, des écrans virtuels...

À l'inverse, les Na'vi ont une approche plus organique, ils sont en contact direct avec le monde, l'essentiel étant de conserver ce lien.


# Initiation

Pour devenir un Na'vi, Jake Sully doit apprendre à ressentir, interagir, comprendre, voir le monde (sous-entendu, le percevoir). En un mot, expérimenter. Ce qui l'amènera à accomplir le rêve qui sert d'ouverture au film, à se trouver dans un état de liberté, de légèreté (ce qui apparait assez évident lors des séances de vols);

En regardant l'affiche officielle du film, il nous est dit "Entrez dans le monde", d'où l'intérêt de la 3D. Le spectateur vient à son tour expérimenter l'Aventure. En VO, le terme utilisé est d'ailleurs "Experience It". Le spectacle ne viendra donc pas au spectateur, c'est à lui d'oser entrer dans le spectacle (ce qui rejoint la thématique même du film).

(mais puisqu'on vous dit que la 3D n'est qu'un gadget)

# Double (identité)

Les humains cultivent l'idée du double, que ce soit pour l'attaque/défense (les Méchas, les robots) ou la communication/relation (les Avatars). Dans tous les cas, l'homme existe au travers d'une technologie.

Maintenant la particularité de Jake Sully, c'est aussi d'etre un jumeau, soit un double humain naturel. Et il y a bien sûr un rapport entre lui, Tom (son frère) et son Avatar; quand l'un meurt, l'autre prend son envol, et ira jusqu'à preuve son enveloppe humaine. D'ailleurs, Cameron exprime le rapport très clairement : (insertion du cercueil/de l'Avatar)

Et je viens de remarquer une différence, on passe d'un monde carré (rationnel, matérialiste), pour entrer dans un monde rond (organique, spirituel). D'un côté, ça respire la mort, de l'autre la vie.

# Zéro mise en scène

C'est devant le cercueil de son frère qu'on propose à Jake Sully de prendre sa place pour une mission sur Pandora. Un flash-back violent où des costards-cravates ignorent le deuil pour se concentrer sur l'aspect financier de leur projet. Voilà sur quoi se termine la scène;

Les images sont accompagnées d'un "And the pay is good".
Ces trois plans affirment, le cynisme des financiers, le dilemme de Jake, l'ambition de la mission (obéir aux ordres, détruire, pas d'émotion). Pour un départ, c'est ni très joyeux, ni très optimiste...

Comme soulevé par un archiviste, un peu plus tard, lors du premier face à face Quaritch/Sully, on se retrouve face à ça;

Soit, un surhomme face à une moitié d'homme. Sur l'image on peut voir le geste du Colonel, ça se voulait amical mais le ressenti est plutôt violent (forcément, le Mécha est une arme). Il faut aussi rappeler que la scène précédente voyait Sully découvrir son Avatar. Ainsi, derrière ce premier face à face plane déjà l'ombre du combat final.

Très simplement, Cameron amène donc des idées fondamentales (l'état d'esprit humain, le rapport au père, la quête identitaire...), passant par des ressentis (le feu, le gant en fer = danger, méfiance...) pour raconter son histoire.

# Jake Sully

Pour présenter le personnage principal et l'univers du film, Cameron fait simple;

Oui, 1er plan de Jake, il baigne dans une lumière bleue. Il porte déjà l'Avatar en lui (sur lui).

Pour rappel, jusqu'ici, on ne sait rien de lui. C'est juste un mec qui se réveille après 5 ans de dodo, il a perdu son frère et vient le remplacer sur Pandora, une planète mystérieuse.

Son handicape n'a pas encore été introduit. Ou plutôt, si, mais de façon très ambigüe lors d'un flash-back. Quand un financier lui propose de "marcher dans les bottes de son frère", tout en ajoutant "façon de parler" avec un regard gêné. Bah oui, son frère est mort, c'est mal venu de dire ça ! Evidemment, ça fait aussi référence à son handicape. La joie du dialogue à double-sens.

La présentation officielle de son handicape intervient lors du débarquement de la navette sur Pandora. Encore une fois, Cameron brouille les pistes en partant sur ce plan;

Caméra subjective d'un mercenaire - de Jake ? - entrain de descendre ? Hé non, Jake descendra en dernier en nous ayant expliqué ce qu'il était, ce qu'il esperait, et qui sont les mercenaires.

Par la suite, Cameron place Jake comme un boulet. Il se fait insulter par un Mecha ("Look out hot rod") et des mercenaires le prennent en pitié;

Ça continuera avec l'équipe du labo, il se fait éclipser, il ne parle pas Na'vi, n'est pas un scientifique et ne connait rien de l'éco-système de Pandora. Il est donc placé en retrait lors des conversations Norm-Grace. Pareil quand ils seront dans la jungle, il est rabaissé et s'emmerde au point d'aller faire un tour (ce qui nous permet de nous familiariser avec Pandora).

Ah, puis, Jake est aussi et surtout un simple substitut (de son frère). Dans le genre, je suis pas à ma place mais je vous emmerde, c'est pas mal.

# Des hommes face à la Nature

Cameron résume très clairement ce rapport juste avant l'attaque de l'Arbre (de vie);

Non seulement Quaritch ne représente rien, mais il est dominé à tous les niveaux, que ce soit par sa technologie (une prison) ou par la Nature. Ce dernier plan permet aussi de nous rappeler l'importance de l'Arbre, et donc de renforcer le choc émotionnel à venir - un moustique inconscient détruisant une Oeuvre millénaire.

Un autre exemple de ce rapport;

Lors de la première excursion sur Pandora, Norm demande à Grace s'ils sont observés, si "ils" savent que les Avatars ici. Comme on découvre la planète, on sait pas ce que désigne "ils" - on a encore un point de vue humain.

Lors du combat final, nous avons complètement changé de camp, et nous savons désormais que "ils", ça désigne les Na'vi (par extension, la planète). Ce qui était invisible nous apparait donc clairement. Et encore une fois, les mercenaires sont dominés (en plus de ne rien voir). D'où la réussite de la première offensive Na'vi.

# Retour à la réalité

Jake passe 3 mois auprès des Na'vi, il prend goût à sa nouvelle vie au point d'en arriver à inverser l'experience réalité/Avatar (normal, d'un côté, il experimente, de l'autre il végète). Quelques minutes plus tard, après la scène d'amour, Jake est soudainement ramene à la réalité. Alors que les bulldozers déferlent sur un lieu sacré, Neytiri se réveille brusquement tandis que Jake, doit manger quelque chose avant de se connecter. Ce petit laps de temps suffit à reconfirmer que Jake est un Avatar, pas un Na'vi. Il dépend d'un système.

Et les bulldozers ? Comme on le découvre, ils sont pilotés à distance, Jake en colère ira bousiller les caméras (rendant la machine aveugle). Vous faites le rapprochement entre les machines, l'Avatar et Jake ?

C'est-à-dire que la scène introduit concrètement le danger en territoire Na'vi tout en démontrant les limites du héros Jake; dépendant d'un système contre lequel il vient de s'élever pour protéger un peuple qu'il vient de trahir. Bonjour le dilemme (mais on vous assure que c'est simpliste...).

• Parlez-vous Na'vi ?

L'utilisation d'un langage imaginaire aurait pu devenir un problème pour la clarté du film. Au final, c'est plutôt l'un des tours de force (j'exagère à peine) tirant profit de la performance capture. Au lieu d'alourdir la narration par des tonnes de sous-titres, Cameron va trouver un autre moyen pour faire comprendre l'information : l'émotion. Comme vous l'aurez remarqué, une partie des dialogues Na'vi ne sont pas sous-titrés, mais le simple jeu des acteurs compense aisément cette absence.

Autrement dit, à défaut d'utiliser du texte pour parler aux spectateurs, Cameron se repose sur l'image, sur l'émotion. Soit, ce que tout le monde est capable d'assimiler instinctivement.

C'est tellement évident que même les Oscars n'ont toujours pas réalisé qu'il y avait des acteurs derrière les Na'vi (et ils sont pas les seuls).

• Grace

Le personnage de Grace révèle quelques répliques bien sympathiques, qui prennent bizarrement un autre sens une fois que l'on connaît son destin;

- I would die to get samples
- I'm a scientist, remember? I don't believe in fairy tales
- I'm with her Jake. She's real.

Cette figure maternelle incarne un esprit rationnel qui rêve de connaître Pandora. C'est bien sûr lorsqu'elle mourra qu'elle fera l'expérience de la planète (donc mieux qu'un échantillon). C'est donc mieux qu'un conte de fée, c'est une réalité concrètement concrète.

Ah, la joie des dialogues à double-sens (bis).

• Le pays de Dorothy

Dès les premières bandes-annonces, c'est la phrase retenue par tous: "You're not in Kansas anymore". Cette expression américaine fait référence au Magicien d'Oz;



Soit la découverte d'un univers étrange. Mais ici, la phrase intervient alors qu'on voit passer devant nos yeux, ça:

Il s'agit bien de flèches, indiquant qu'il existe une population hostile, faisant penser aux Indiens d'Amérique, Kansas compris. Mais pour l'instant, le film se concentre sur le côté dangereux de la planète, avec la réaction de Jake devant ces flèches, le tout enchainé par la scène du debriefing. C'est la présentation de Quaritch, Colonel américain typique, qui axe son discours sur la peur.

Avec toutes ses informations, la première apparition de Neytiri n'est donc pas un bon signe. Sachant que le spectateur découvre en plus une jungle étrange, avec des animaux géants pas sympas. Suffit de rajouter être bleu + flèches = DANGER.

(et bien sûr, Cameron va déjouer nos attentes jusqu'à inverser le rapport de force entre humains et Na'vi).

• Les Rites

Le film nous montre à travers les rituels qu'une symbolique n'est pas quelque chose d'abstrait/ de mort. Pour les Na'vi, c'est une manière de vivre en harmonie avec Pandora, de percevoir Eywa.

Prenons l'exemple de la chasse;


Au nord du Japon, il existe un rituel similaire chez les Aïnous, ça s'appelle le Iyomante, soit le sacrifice d'un Ours. Voici un dessin:

Dans les deux cas, il s'agit de rendre honneur à l'animal tué, de permettre à son esprit de retourner chez Mère Nature. Le rituel doit permettre au monde de conserver son équilibre.

Un autre exemple, avec les réunions-danses;

Dans le film Baraka, une "séance" de Ramayana est visible, un extrait:



Il s'agit ici de faire appel à une divinité.

À savoir que la tradition Aïnoue et le Ramayana existent depuis des siècles. C'est-à-dire que l'Homme n'a pas découvert ce genre de pratique devant Pocahontas ou un autre film de la fin du 20è siècle (ce qui n'enlève en rien l'intérêt-la portée de ces films).

Pour rappel, Grace la scientifique nous affirme que ça, c'est réel.

Ces rites, ces cérémonies sont des expériences religieuses/mythologiques importante dont la symbolique et l'ampleur pourraient être discutées au cours de très longues conférences tant le sujet est vaste, riche et bien au-dessus de notre entendement. Mais on vous assure que c'est du cliché en barre...

• I SEE YOU

Le film s'ouvre (presque) et se referme sur ces plans-là;

Au début, on rêve sa liberté, à la fin, on s'éveille à la vie. La moitié d'homme (1 oeil quand même) devient un Homme (enfin, un Na'vi). Ça résume le film, une quête de la perception, savoir pouvoir oser ouvrir ses yeux et son esprit. C'est une question (philosophique) qui passionne les hommes depuis près de 10 000 ans. Un cliché, rien de plus en somme.

(on pourrait rajouter que c'est tellement évident que ça en devient très compliqué)

# Conclusion

Rapidement, on peut aussi ajouter la qualité de la narration + l'enchainement des séquences (dont certaines imposent avec un temps d'avance, une action/un sentiment à venir), l'évolution de certains plans (retournement d'idées), beaucoup d'autres jeux de mots, le découpage fluide des scènes d'action, les plans iconiques...

Cimer aux amoureux de Totoro.

MAJ - 18/02/2010

mardi 17 novembre 2009

La Police selon Red Riding 1980 (2009)

Y a pas mal de changements sympas en comparaison avec Red Riding 1974. Déjà, on n'est plus dans le secteur du journalisme, on intègre le monde policier, et forcément, les règles/l'environnement changent beaucoup.

# Oubliez les teintes grisatres/rougeatres, ici c'est du bleu clinique/couleurs plus réelles.

# Ecrasement plus important des personnages, à 90 % l'action se déroule dans des batiments, ça sort pas souvent prendre l'air, on est dans des environnements plus exigus; beaucoup de couloirs, d'endroits étouffants;

Ça s'explique simplement, l'histoire aborde la corruption, la manipulation, trahison, le doute, l'impossibilité d'enfanter/d'obtenir des résultats, la frustration, la pression hiérarchique.

On a quitté l'errance du journalisme pour intégrer la structure solide des flics. On est plus dans l'hypothèse, mais dans la réalité de la corruption.

Le Journalisme façon Red Riding 1974 (2009)

En cette période où le journalisme cède à la tentation des polémiques cyniques assurant les recettes faciles, évitant soigneusement de trop s'interroger quitte à déblaterer de la merde, voilà qu'un téléfilm british s'inscrit à son tour dans le courant du ciné politico-journaliste des 70s.

Ce téléfilm révèle une belle mise en scène, j'ai capté quelques plans;

# Les plans larges/d'ensemble où nos journalistes sont totalement dominés (voitures, sous-sol, barres, paysages);


# Personnages désaxés, dans le flou, dans le doute....


# Le couloir de la vérité ? (protégé par les flics)


(avec la mémère qui se pousse subtilement sans s'étonner de rien....)
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