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mercredi 29 juillet 2009

Incassable (2000): Le Secret des Comics

"Je vois la BD comme notre dernier lien à une historiographie ancestrale. Les Egyptiens dessinaient aux murs. A travers le monde, on transmet le savoir de façon picturale. Pour moi, la BD est une forme d'Histoire que quelqu'un a sentie ou vécue."

Alors que beaucoup de franchises BD connaissent des adaptations ciné pourraves car produites sans respect ni intérêt du matériel de base, voilà comment Shyamalan démontre en quelques secondes le potentiel du comics. Son essence.

L'air de rien, la tablette egyptienne derrière l'Homme de Verre (HdV)nous rappelle que les Egyptiens étaient gardiens d'une Connaissance Sacrée dont l'initiation (très dangereuse) permettait aux hommes de "connaitre leur place, de savoir pourquoi ils sont là". Et aussi, sans doute, d'arriver à comprendre leur propre instinct (à l'image des sensations magiques de David Dunn).

C'est donc tout naturellement qu'au-delà des histoires fantastiques avec pouvoirs magiques et compagnie, le comics (qualifié de "un grossissement de la réalité" par l'HdV, intéressant) devient le véhicule d'histoires permettant aux lecteurs de mieux "connaitre leur place" dans le monde.

C'est d'ailleurs l'initiative même de l'Homme de Verre, grand lecteur passionné qui n'hésite pas à envoyer chier un client pensant que les BDs sont pour les zenfants (renversement des préjugés).

(après on pourra revenir sur les mouvements de caméra qui s'interpellent d'une scène à l'autre, les nombreux en-dessus-dessous, le jeu des miroirs/reflets pour le perso de l'HdV...)

lundi 29 juin 2009

Phénomènes (2008): Le vent l'emportera

Derrière le beau ratage qu'est Phénomènes, il y a une excellente idée se démarquant des habituelles purges catastrophes et aux autres films sur les contaminations. Une idée prenant à revers les courants de pensées égocentriques d'une Humanité devant protéger son environnement.

Bien sûr, la suite du texte contient des SPOILERS majeurs sur le film.

Phénomènes vient bousculer cette Humanité qui se replace au coeur de l'Univers, en cherchant à contrôler son monde pour conserver un confort. Ca commence par le titre, en français comme en anglais, on sait qu'il se passe quelque chose de très dangereux mais impossible d'en définir l'origine. C'est-à-dire quelque chose qui dépasse le contrôle et la raison humaine. Reste à savoir ce que c'est !

Forcément, ça ose différentes pistes dont l'idée d'une épidémie pour mieux parvenir (avec difficulté) à l'idée que c'est l'action même de la Nature. L'homme n'est plus au centre des préoccupations, il n'est plus la victime, il est une sorte d'ennemi. Manière de relativiser sa présence à travers le monde.

Si l'on peut concevoir cette idée selon l'angle écologique il-faut-respecter-la-nature, il me semble qu'on peut y percevoir autre chose. Surtout de la part d'un réalisateur comme Shyamalan qui s'est interrogé sur une possible logique universelle (Signes; son vrai-faux déterminisme), sur les super-héros (Incassable; des forces uniques de la Nature), sur la réalité non-ordinaire du monde (Jeune fille de l'eau), et qui prochainement approchera des personnages mythiques aux pouvoirs sacrés (Avatar, le dernier maitre de l'air; on est en plein dans de la tradition ancienne).

Ainsi peut-être que Phénomènes traduit la cassure actuelle des hommes par rapport à la Nature, des hommes trop satisfaits d'un matérialisme pour percevoir la subtilité volatile du monde. Peut-être ?
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